Bamako dénonce l’accord de défense avec Paris

Le gouvernement de transition malien a annoncé lundi la rupture de ses accords de défense avec la France condamnant les “violations flagrantes” de sa souveraineté nationale par les troupes françaises sur le terrain. Cette décision marque une nouvelle étape dans la détérioration des relations entre les deux pays. Paris a jugé “injuste” la décision du Mali.

Des sources au sein du gouvernement de transition malien, au pouvoir après deux coups d’État, indiquent que le gouvernement français a été informé de leur décision, prise dans un climat de fortes tensions entre les deux pays.

Les autorités maliennes ont annoncé cette décision dans un communiqué lu à la télévision nationale, dans lequel elles disent avoir constaté “une profonde détérioration de la coopération militaire avec la France” pour trois raisons, la première étant “l’attitude unilatérale de la partie décidée les 3 et 7 juin”. , 2021, sans consulter le Mali, de suspendre les opérations conjointes avec les forces armées maliennes et de mettre fin à l’opération Barkhane ».

La junte militaire a également dénoncé “de multiples violations de l’espace aérien malien par des compagnies militaires françaises, malgré la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne temporaire par les autorités militaires maltaises”.

La réunion d’experts, une “manœuvre dilatée”

Enfin, le Mali dénonce une “manœuvre diluée” de la France lorsqu’elle a demandé “une réunion d’experts pour la révision du traité de défense au lieu d’envoyer ses amendements, le tout plus de deux mois après que le Mali eut déposé ses amendements en décembre 2021”.

“Depuis un certain temps, le gouvernement de la République du Mali regrette une profonde détérioration de la coopération militaire avec la France”, a déclaré le porte-parole, le colonel Abdoulaye Maiga, dans un communiqué télévisé.

Maiga a cité plusieurs cas où les forces françaises ont violé l’espace aérien du pays. Il a également évoqué la décision prise par la France en juin 2021 de mettre fin aux opérations conjointes avec les forces maliennes. Les tensions entre la France et la jeunesse malienne, arrivée au pouvoir en août 2000, n’ont cessé de croître depuis un certain temps.

L’annonce de lundi, plusieurs fois menacée ces dernières semaines, est la dernière confirmation de la détérioration des relations entre Junte et la France.

Une décision contestée par le Quai d’Orsay

La décision de la jeunesse malienne de dénoncer les accords de défense avec Paris est “injuste”, a protesté mardi le ministère français des Affaires étrangères, affirmant que la France poursuivrait son retrait militaire “en bon ordre” comme prévu dans les mois à venir.

“Informée, le 2 mai, de la décision unilatérale des autorités maliennes de transition de dénoncer” ces accords, la France “considère cette décision comme injuste et conteste formellement toute violation du cadre juridique bilatéral qui serait imputable à la force Barkhane”, indique le communiqué. -discours du Quai d’Orsay dans un communiqué écrit.

Paris a pour l’instant écarté toute répercussion sur le calendrier de la délicate retraite sous Barkhane, annoncée en février et qui devrait s’intensifier sur six mois. Le Quai d’Orsay assure qu’il “poursuivra le retrait ordonné de sa présence militaire au Mali, conformément aux engagements pris par ses partenaires et dans un esprit de coordination et de dialogue avec les forces armées maliennes”.

En revanche, Paris “réaffirme sa vigilance face à toute tentative de manipulation de l’information” et “rappelle sa détermination à assurer la sécurité de ses militaires et des soldats européens engagés à ses côtés pendant cette phase de désengagement”.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu mardi, à la demande de la Russie, une réunion informelle à huis clos sur le Mali, selon des diplomates. Dans une lettre adressée à l’ONU fin avril, parvenue à l’AFP, Bamako avait dénoncé “des violations répétées et délibérées de l’espace national par des compagnies aériennes étrangères, dont des forces françaises, à des fins d’espionnage”, “d’intimidation et de subversion”.

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