Béni Mellal-Khénifra veut devenir la première destination marocaine de tourisme nature

Le gardien de la région de Béni Mellal-Khénifra, Khatib El Hebil, a exprimé la volonté de la région de se positionner sur le tourisme de nature, avec l’ambition de devenir la première destination marocaine sur ce créneau.

Il a également annoncé l’intention de la région de créer une société de développement régional (SDR) spécialisée dans l’offre touristique afin d’étendre l’offre touristique et de régler les problèmes relatifs à la disponibilité du foncier dans ce secteur.

Intervenant ce mercredi dans le cadre de l’étape de Béni Mellal des Régionales de l’investissement, organisée par le groupe Banque populaire, la tutelle de Béni Mellal-Khénifra a présenté le potentiel de la région en matière d’investissement dans différents secteurs, dont le tourisme .

La région veut capitaliser sur les ressources naturelles et la beauté de ses paysages pour devenir une destination de choix pour un “tourisme nature non écologique et durable”.

Parmi ces ressources naturelles figure le Géoparc Unesco de M’Goun qui s’étend sur une surface de 5 700 km2, comprenant plusieurs attractions naturelles dont le lac Bin El Ouidane, les cascades d’Ouzoud, la vallée des Ait Bouguemez, la vallée de la Tassaout, la Zaouiat Ahansal, le pont naturel d’Iminifri , etc.

La région Béni Mellal-Khénifra va d’ailleurs acquérir la 10e Conférence internationale sur les géoparcs mondiaux, mais cet événement aura lieu à… Marrakech. Le wali regrette que la conférence ne puisse avoir lieu dans une ville de la région, en raison notamment de la faible capacité hôtelière pour un événement d’envergure internationale. Voilà un des axes du travail qui attend les responsables de la région.

Afin de renforcer le positionnement de la région sur le tourisme de nature, le Centre régional d’investissement (CRI) prépare une étude qui a été nommée au cabinet McKinsey pour le développement d’une station touristique qui s’apui sur ce potentiel naturel énorme.

Le wali a également fait part des efforts entrepris par les autorités locales pour redynamiser l’aéroport de Béni Mellal. Le directeur général des services du conseil régional de Béni Mellal-Khénifra, Driss Achbal, également participant à cette manifestation, a révélé que le conseil régional avait prévu un budget de 30 millions de dirhams pour comparer les compagnies aériennes dans ce sens.

L’agroalimentaire, un potentiel inexploité

Outre le tourisme, la région souhaite développer ses activités en lien avec l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire. Elle dispose d’environ un million d’hectares de surface agricole utile, dont 226 000 hectares irrigables – la plus importante au Maroc.

L’industrie pétrolière est l’une des plus importantes car elle occupe 73% de la surface agricole, produisant 30 000 tonnes d’huile d’olive, assurant 3 à 4 millions de journées de travail.

La région dispose déjà d’un agropole d’une superficie de 200 hectares. Afin de dynamiser cette infrastructure stratégique, le conseil régional a mis sen place un fonds régional d’appui à l’investissement qui finance 50% du coût d’acquisition du foncier. Le prix du terrain coûte ainsi 350 DH le m2 au lieu de 700 DH. Grâce à ce soutien, la zone connaît un certain engouement de la part des investisseurs, assure le wali.

Khatib El Hebil invite les investisseurs à s’intéresser aux opportunités offertes par le secteur dans la région, comme le manque de stations de conditionnement et de conditionnement. La région ne dispose pour l’instant que de 15 stations, couvrant à peine 15 % de la production régionale.

Un important programme d’investissement dans les infrastructures

La région de Béni Mellal-Khénifra dispose également d’un important programme de développement des infrastructures. Le Schéma régional d’aménagement du territoire (SRAT) a été adopté pour la période 2020-2045, représentant un investissement total de 130 milliards de dirhams, précie Driss Achbal.

Le Programme de développement régional (RDP) adopté en 2017 représente, quant à lui, 36 MMDH d’investissements, ne 9,6 MMDH compris dans le contrat programme 2020-2022 Liant la région à l’Etat.

Parmi les investissements publics prévus, la restructuration de plusieurs zones industrielles et la création de nouvelles. La région envisage également de construire un zone logistique munie d’un port sec au niveau de l’agropole, en partenariat avec la Société nationale de transport et logistique (SNTL). C’est aussi une question de raccorder l’agropole à l’autoroute.

L’investissement en infrastructures concerne également les secteurs liés au développement humain, comme l’éducation et la santé. Cette dernière fait l’objet d’une convention avec le ministère de la Santé qui prévoit des investissements estées à un milliard de dirhamsnotamment à travers la construction du CHU et de plusieurs centres hospitaliers provinciaux à Azilal, Khouribga, Khénifra, etc.

Une entente signée en partenariat avec le ministère de l’Éducation prévoit des investissements 1,8 MMDH dans des infrastructures relatives à l’éducation. Elle atteint actuellement 70 % de taux d’avancement, réveille le wali. Quant à la Cité des métiers et compétences, elle est enfin prête et ouvrira ses portes dès le début de l’année prochaine, avec 7 centres de formation et 77 antennes.

CRI : record national de célérité ?

Par ailleurs, le directeur général par intérim du CRI de Béni Mellal-Khénifra, Adil Azmi, s’inscrit dans l’intention des partenaires régionaux, notamment du conseil régional et de l’arrondissement, de créer une SDR spécialisée dans la gestion foncière pour développer le foncier industriel et à caractère économique. Dans le cadre de ses prérogatives de veille économique, le CRI a également créé un observatoire de l’économie régionale.

Pour dynamiser les investissements, le CRI a travaillé sur la réduction du délai de traitement des dossiers soumis à la Commission régionale unifiée des investissements (CRUI). Comme dans les autres régions du Maroc, cette dernière contribue, depuis son instauration, à l’accélération du traitement des dossiers d’investissement. Adil Azmi a assuré que La région détient le record national, avec un délai maximum de cinq jours.

La région a enregistré la création d’au moins 3 800 entreprises en 2021. 5 000 à l’horizon 2023. La création d’entreprise a connu une croissance annuelle moyenne de 10%soit le double du taux national, d’après Adil Azmi.

Le CRI travaille également au développement de l’entrepreneuriat, notamment auprès des étudiants et des jeunes en partenariat avec l’université. Près de 1 200 porteurs de projets ont pu être accompagnés dans le cadre du programme Izdihar.

Le CRI a également préparé 200 fiches complètes des données et des indicateurs économiques et financiers à l’intention des investisseurs. Ces fiches, qui présentent les opportunités d’investissements dans la région, ont été élaborées en partenariat avec Inforisk et seront complétées sauréairement en partenariat avec l’Office marocain de la propriété intellectuelle et commerciale (OMPIC).

La part de la région dans la banque de projets de la ‘task force souveraineté’

Pour sa part, le responsable de la filière agroalimentaire au niveau de la ‘task force souveraineté’ au sein du ministère de l’Industrie et du commerce, Youssef Lakbida, a présenté les derniers chiffres relatifs à la banque de projets de substitution aux importations.

Ainsi, la « task force souveraineté » a identifié 1 148 projets, dont 1 020 projets sont considérés comme recevables. Ces derniers représentent un investissement total de 44 milliards de dirhams, créant 88 000 emplois à terme. Ces projets vont permettre une substitution aux importations estimée à 62 MMDH et vont générer près de 65 MMDH à l’export.

La part de la région Béni Mellal-Khénifra est de 46 projets, représentant un milliard de dirhams d’investissements et recevant 2 000 emplois. L’agroalimentaire prédomine avec 21 projets, principalement en rapport avec la transformation des fruits et légumes et les produits d’origine animale.

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