Boostés par des prépas d’excellence, les étudiants marocains au top des inscrits parmi les étrangers en France

Le nombre d’étudiants étrangers inscrits dans l’Hexagone a augmenté de 8% pour l’année 2021-2022. Selon les données les plus récentes de Campus France, organisme public créé en 2010 afin de promouvoir hors frontières le système d’enseignement supérieur et de formation professionnelle français, ils seraient 400 026 au total, atteignant la plus forte croissance du dernier 15 ans ans.

Dans son classement des 25 pays les plus représentés, l’agence place les Marocains en tête de liste avec 46.371 étudiants pour la même période, soit une évolution positive de 3% par rapport à l’année précédente. En deuxième position, pointe l’Algérie voisine qui compte 31 032 étudiants sur le territoire français, soit une augmentation annuelle de 6 % de ses effectifs. Toujours au Maghreb, avec 13 661 enrôlés, la Tunisie se hisse honorablement vu sa population moindre et l’application de frais réhibitoires à la sixième place de ce palmarès, en évolution de 4 %.

Le mur des visas rendus par la France

Des chiffres qui potrouillent sont cependant impactés par la restriction des visas livres par la France à ces trois pays. En effet, Paris a réduit de 50 % le nombre de graines de sésame accordées aux citoyens marocains et algériens, et de 30 % aux Tunisiens. Une mesure de rétorsion consécutive au refus de Rabat, Alger et Tunis de délivrer des autorisations consulaires pour rapatrier leurs ressortissants en situation irrégulière.

Dans un communiqué conjoint en date du 31 août dernier, les ministres français et tunisien de l’Intérieur ont annoncé la normalisation de délivrance des visas Schengenaprès avoir “fait le point sur la coopération en matière migratoire et de mobilité”. Une annonce libératrice qui tombait à la veille de la rentrée scolaire.

Alors qu’en Algérie les tensions semblent s’être apaisées avec la récente visite d’Emmanuel Macron, avec le Maroc la situation ne semble vraisemblablement estimée.

Faire ses études à l’étranger demande une organisation sur la durée. Plusieurs étudiants y ont mis de l’énergie, de l’espoir, du temps et autant de ressources financières. Malgré les efforts pour obtenir les visas, la rentrée universitaire est compromise pour certains, à l’instar de plusieurs témoignages rapportés par la presse décrivant des bachelors ayant essuyé un refus des autorités consulaires après avoir payé des sommes conséquences en frais d’inscription et de dossier aux écoles où ils étaient admis.

Ces étudiants en devenir n’ont même pas l’option de se tourner vers les écoles au Maroc, l’admission n’étant possible que sur concours qui se dérourent habituellement en juillet.

Selon des sources médiatiques, le taux de refus de visas Schengen par la France pour les candidats du Maroc aurait atteint le taux incroyablement élevé de 90%.

Des étudiants formés à l’excellence au Maroc

Les données de Campus France montrent que 62% des Marocains effectuant leurs études en France suivent un cursus universitaire. 42% d’entre eux se sont orientés vers une formation scientifique. Les écoles d’ingénieurs ont séduit 13 % des étudiants marocains en France en 2021.

L’engouement des étudiants marocains pour la France n’est pas nouveau. Leur départ pour cette destination est facilité par la multitude d’accords de coopération. 269 ​​​​accords de coopération liaient les universités françaises et marocaines en 2018. 101 de ces accords s’accompagnent d’une mobilité enseignante et aussi des programmes d’échanges d’étudiants.

Étudiants marocainsÉtudiants marocains en France. Source : Campus France. Infographie : Mohamed Mhannaoui / Le Desk

D’après ces accords, les élèves des classes préparatoires aux grandes écoles ont la possibilité de se présenter aux concours d’accès aux grandes écoles françaises.

“Il y avait 4 000 élèves sur un total de 12 000 élèves inscrits en classes préparatoires au Maroc, estimé à 12 000 élèves pour intégrer les grandes écoles de commerce, et grandes écoles d’ingénieurs françaises”, note une étude datant de 2021 du cabinet Archimède Consulting.

La qualité de l’enseignement, la valeur du diplôme et le prestige dont jouissent les grandes écoles d’ingénieurs et les grandes écoles de commerce françaises expliquent leur forte attractivité après des élèves marocains des classes préparatoires, relève la recherche.

ONU « succès insolent »

Excellent en maths et en physique, les étudiants marocains brillants aux concours des meilleures écoles d’ingénieurs françaises comme l’École polytechnique et CentraleSupélec. ONU « succès insolent », selon un article que vous Figaro vivement commenté sur les réseaux sociaux et qu’a décrypté pour Le Bureau le chercheur Rachid Guerraoui.

En fonction de leur niveau et de leurs capacités, les étudiants marocains pensent d’abord Ecole Polytechnique, Ecole centrale, mines, ponts et chaussées, s’agrégeant des grandes écoles d’ingénieurs et HEC Paris, ESCP Europe, ESSEC, EM Lyon, EDHEC, EM Grenoble, SKEMA, BSB Dijon, Excelia La Rochelle pour les grandes écoles de commerce, relève-t-on.

Parmi les meilleures prépas scientifiques aux grandes écoles françaises, on retrouve le Lycée d’excellence de Benguérir (Lydex). En 2020, pas moins de 17 élèves du Lydex ont intégré l’École polytechnique en France. Un an plus tard, 11 élèves ont également suivi les pas de leurs ainés. Durant la même période, l’École polytechnique comptait 160 étudiants marocains, dont 110 suivent le cursus ingénieur.

Le campus de 18 hectares du Lydex et ses bâtiments ocre flambant neufs ont été construits au cœur de la ville verte Mohammed VI, une « ville du savoir et de l’innovation » créée en 2009 par le géant du phosphate OCP. « Ici, les 944 élèves du lycée, tous internes, sont choyés : classes ultramodernes, salles équipées pour les travaux pratiques, terrains sportifs, théâtre dédié aux modules de développement personnel, piscine semi-olympique pour s’entraîner à l’épreuve de natation de Polytechnique… », un commentaire Le Monde.

Le deuxième choix des étudiants marocains à l’université est l’économie qui en attirait 27% en 2021 selon Campus France, suivi des lettres, langues et sciences humaines et sociales à 13%. En dernière position, on retrouve le droit et les sciences politiques qui attirent 6 % d’entre eux.

Les étudiants marocains recherchent d’abord une formation de qualité et un diplôme reconnu, mais aussi une exposition à d’autres cultures, et surtout l’acquisition d’une expérience qui leur permettra de débuter une carrière professionnelle en France ou en Europe, souligne l’étude d ‘Archimède Consulting, et ce malgré la barrière tarifaire imposée depuis 2019 : l’obligation pour tous les étudiants étrangers autres qu’européens de s’acquitter aux universités de frais de scolarité relativement conséquentes, 2 770 euros par an en licence et 3 770 euros en master.

« Les écoles et universités françaises permettent aussi de faire des échanges en Europe et dans le monde, afin de se construire un profil international qui attire par la suite les entreprises », notez la même source.

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