critique du retour manqué vers le futur de Netflix

adolescent timecop

Tout commence avec Léa (Père Hazanavicius) qui lors d’une rave party dans un lit de rivière a trouvé un squelette d’un type assassiné il y a 30 ans. Après une bonne nuit de sommeil, elle se réveille dans le corps de la victime, Ishmael, une semaine avant sa mort. La jeune fille décide d’empêcher son meurtre en découvrant l’auteur. S’il importe autant dans cette enquête, c’est pour un motif impérieux de nullité : elle est tombée amoureuse d’Ismaël. Concrètement, si elle vient à la rescousse, elle aura plus de 40 ans lors de leur rencontre en 2022. A partir de là, Les sept vies de Leah annoncez la couleur, ce sera une série plus ado et cucul qu’un thriller fantastique.

Avec une histoire qui implique quelques dizaines de personnages tous étroitement liés que l’héroïne endossera dans un rôle passé, on peut s’attendre à un casse-tête passager. Mais non! La série que je préfère faire un grand feu de joie avec logique. L’intrigue se retrouve asphyxiée d’incohérences et de commodités qui vous feront passer pour un vrai Louis Armstrong dès le souffle de l’épuisement. Le personnage principal n’a rien à voir avec Columbo, faussement accusateur et parcourant le monde sans preuve, mais avec des cavernes de préjugés, lorsqu’il se mêle de l’enquête (c’est-à-dire cinq minutes par épisode).

Les Sept Vies de Léa : photo, Raïka HazanaviciusJ’accuse

Le héros fait des allusions à l’histoire et aux répercussions de ses choix lorsqu’il est dans le corps d’un autre, la série n’a donc aucun enjeu. On s’interroge plus sur les conséquences du bordel avec Léa qu’elle-même. Ainsi, avec un détecteur en carton, l’enquête est aussi forcément prévisible que possible, s’appuyant sur son déroulement sur des indices délivrés à grands coups. L’histoire déroule donc l’histoire de ses personnages et leurs secrets sans mystère ni suspense, donnant la sensation d’attendre que l’information tombe mécaniquement sans le travail du personnage principal.

Dans ce sable mouvant d’un scénario qui procure toute l’excitation, le climax arrive de manière surprenante et est même réussi. C’est la moindre des choses après sept épisodes pour clore une enquête inexistante destinée à révéler le nom du meurtrier. La conclusion est bien sortie, et ce fut presque un tour de force après le sabotage qui a influencé la série. Léa se retrouve face à un dilemme fort qui aurait réussi à se poser bien plus tôt dans l’histoire pour ajouter une tension absente de Les sept vies de Leah.

Les Sept Vies de Léa : photo, KHALIL BEN GHARBIAEnquête sur les actions

un téléfilm sans fin

Si la série est aussi énervante, c’est aussi à ses personnages de taper sur la tête pour tout le reste. Cela commence par Léa qui nous présente très peu, et que l’on se retrouve majoritairement dans une voix off insupportable, ou dans la peau de l’un/l’autre. Et on a du mal à rattraper les personnages secondaires qui gravitent autour d’elle, ou qu’elle incarne. Ce sont tous des clichés ultra-représentés (le fils aîné têtu à papa, la reine du lycée à la famille des beaufs) quand ils ne sont pas les crétins des Alpes ne se posent jamais de questions malgré la montagne de choses étranges que Léa entraîne avec elle.

Chaque absurdité est bien mise en avant par dialogues neuneus qui, s’ils ne sont pas du tout ennuyeux, sont accentués par les commentaires francs de Leah. Un mécanicien pratique pour la série qui l’utilise pour dire ce qu’il ne nous fait tout simplement pas comprendre. C’est quand même assez décevant quand on apprend que Charlotte Sanson, créatrice de la série, a écrit Comment je suis devenu super-hérosun film qui avait réussi à faire du super-héroïsme à la sauce française.

Les sept vies de Leah : photo, Rebecca WilliamsGroupe Claphead n ° 1

Dans cette chute perpétuelle qui fait démarrer chaque nouvel épisode, on ne peut même pas croiser les branches de la réalisation que l’on préfère subir. Aussi ennuyeux que possible, la mise en scène essaie de faire un joli packaging à ce produit Netflix aux images colorées et vibrantes, certes amusantes, mais qui ne disent rien. C’est alors que la caméra doit filmer les scènes de discussion à cœur ouvert qu’elle ressort le mieux, réussissant à capter l’énergie des comédiens. Le reste du temps, Les sept vies de Leah nous nous livrons à des séquences d’action de plaque, ou nous sommes aliénés avec des plans intimes pour la romance.

Le malaise ambiant de la série n’est pas aidé par l’actrice principale, en peine de ce qu’on lui donne pour incarner un héros gonflable. Malgré tout, certains acteurs et actrices viennent se démarquer avec un jeu naturel, créant une alchimie avec d’autres comédiens. Les scènes de camaraderie entre les jeunes comédiens sont des plus authentiques, au point que l’intrigue revient écraser tout le monde.

Les Sept Vies de Léa : photo, Théo Fernandez, Marguerite ThiamMartin Computer Voler

en boucle

Au milieu de ce téléfilm en N rouge, on peut même bouger les jambes grâce à la très bonne bande son aux années 90 et aux influences modernes. Du même coup, les costumes reprenant le style vestimentaire des années 90 dans toutes les couleurs rejoignent les rares bons points de la série.

Les sept vies de Leah elle fait même preuve de bonne volonté face à l’évolution du système féministe, au racisme, voire à la grossophobie ou à l’homosexualité. Suite les sujets sont soit complètement couverts en quelques secondes, soit traité avec la finesse d’une peinture réalisée avec des gants de boxe. C’est aussi une occasion manquée d’exploiter un concept qui ouvre d’immenses portes pour comparer deux fois sur des sujets sociaux.

Les Sept Vies de Léa : photo, KHALIL BEN GHARBIAConsternation du spectateur

Il n’est pas nécessaire de se concentrer sur l’ambiance nostalgique qui est une Kinder surprise sans surprise ni chocolat. Les sept vies de Leah se déroulant dans une petite ville sèche, la différence entre les deux temporalités est presque invisible, ne constatant pas seulement le changement d’atmosphère que vit le héros. Spécialement depuis la série se joue fort sur le plan technologique qui connaît (déjà) un millénaire rencontrant ses parents encore adolescents. Cependant, il y avait de quoi créer des conseils oculaires et des références pour capturer l’humour en tant que périphériques. Ici, la seule différence est que Léa se promène en mobile ou à vélo selon les années.

Enfin, et surtout, Les sept vies de Leah il n’y a rien de fantastique que son innocence. Tous les dangers et les paradoxes du voyage dans le temps ont souvent abordé le cinéma avec Retour vers le futur, Boucleur, L’effet papillon ous Terminateur sont des amenes sans conviction ni suspense. Par exemple, Leah marmonne avec la vie de tout le monde dans le passé, qui à la suite d’un seul chiffre disparaît. Rien de palpitant donc, à l’image de la série qui n’a aucune raison de rester dans les esprits.

Les Sept Vies de Léa est disponible en intégralité depuis le 28 avril 2022 sur Netflix

Les sept vies de Leah : affiche officielle

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