Devant la transmission croissante de la poliomyélite, New York déclare l’état d’urgence sur cette maladie

La gouverneure de New York, Kathy Hochul, a declaree vendredi l’ état d’urgence pour l’ensemble de l’État, alors que l’épidémie de poliomyélite continue de s’étendre. La détection du virus responsable de la poliomyélite dans un échantillon d’eaux usées du comté de Nassau, à Long Island, à la rentrée 2022-2023 semble avoir été le point de basculement.

Selon les responsables de la santé de l’État, le virus de la poliomyélite a été identifié dans 56 échantillons prélevés dans les eaux usées des comtés de Rockland, Orange et Sullivan, qui se sont propagés au nord-ouest de New York le long de la frontière du New Jersey et de la Pennsylvanie, ainsi que dans la ville même, entre mai et août. Début septembre sur l’a trouvé à Nassau.

La gouverneure Kathy Hochul prend la parole dans le métro de Manhattan, mardi 12 avril 2022.[Photo by Marc A. Hermann / MTA / CC BY 4.0] [Photo by Marc A. Hermann / MTA / CC BY 4.0]

Une cinquantaine de ces échantillons étaient génétiquement liés au cas de poliomyélite diagnostiqué chez un jeune homme juif du comté de Rockland en juin, qui n’avait jamais été vacciné. Le comté abrite une importante communauté hassidique (ultra-orthodoxe) dont le taux de vaccination est bien inférieur à celui de la population en général.

Les symptômes du jeune homme comprenaient la fièvre, un raideur au cou et une faiblesse dans les jambes. Le virus se propage généralement par contamination par des matières fécales chargées de virus. Dans ce cas, le virus de la poliomyélite a été détecté dans ses selles.

Ce qui est troublant cependant, c’est que sept des échantillons ne se rapportaient pas au cas du comté de Rockland, ce qui implique qu’il y a eu beaucoup plus de propagation communautaire non détectée qu’on ne le prend aupuravant. Dans le cas du jeune homme de Rockland, il a probablement été infecté une semaine à trois semaines avant de présenter des symptômes. Il n’avait pas voyagé à l’étranger, mais avait récemment assisté à un grand rassemblement.

La poliomyélite a été éliminée aux États-Unis en 1979, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Le dernier cas de poliomyélite, en 2013, concernait une personne ayant contracté la maladie lors d’un voyage à l’étranger. L’épidémie actuelle a été causée par un poliovirus dérivé d’un vaccin, ce qui signifie qu’une personne qui a été vaccinée avec un vaccin oral contre le poliovirus atténué (le vaccin Sabin) a excrété le virus, provoquant une propagation communautaire.

Aux États-Unis, la vaccination contre la poliomyélite est administrée par injection à l’aide d’un vaccin antipoliomyélitique inactif (le vaccin Salk). Parce qu’il ne contient pas de virus vivant, il n’y a aucune possibilité que les personnes vaccinées excrètent le virus. Par contre, le vaccin antipoliomyélitique oral, qui a été un facteur critique dans l’éradication du poliovirus sauvage dans le monde, induit une immunité en utilisant un virus vivant affaibli qui, dans des circonstances normales, n’est pas dangereux.

Mais certaines personnes atteintes de troubles immunodéficients, vaccinées avec le vaccin antipoliomyélitique oral, peuvent éventuellement excréter le virus vivant atténué et provoquer des épidémies dans des endroits où la vaccinale est faible. C’est justement la préoccupation soulevée par les responsables de la santé à New York.

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