Fret maritime : le coût du conteneur depuis la Chine tombe à 9 000 dollars

Au cours des dernières semaines, les tarifs du fret maritime ont baissé au Maroc comme partout dans le monde, apprenez Médias24 de sources professionnels. La baisse est considérable puisqu’elle atteint 65% par rapport à 2021.

L’expert en transport maritime Najib Cherfaoui, joint par Médias24, nous confirme cette baisse. « Le conteneur de 40 pieds réalisant Shangaï-Casablanca, qui était à 25 000 dollars au plus haut de la crise, est tombé à 9 000 dollars mercredi dernier.

Le vice-président de l’ASMEX et président de la commission logistique, Abdelaziz Mantrach, nous a dit que les routes de l’Asie vers le Maroc étaient connues une baisse qui se situe en moyenne entre 50% et 65% par rapport à un an aupuravant.

Il cite l’exemple des taux de fret à partir du Moyen-Orient qui se situaient “entre 7,000 et 8,000 dollars il y a quelques semaines, alors qu’ils atteixinaient 18,000 dollars il ya un an”.

Une nouvelle qui est bien accueilie par les opérateurs marocains, qu’ils soient importateurs ou exportateurs, et qui devrait logiquement limiter l’inflation des produits bruts et manufacturés.

Si le constat est le même, nos deux experts ne sont pas d’accord sur les explications à donner à cette baisse. Le premier ministre défend l’hypothèse des pressions américaines sur les compagnies maritimes, tandis que le second privilège concerne les changements que le marché a connus en termes d’offre et de demande.

La régulation américaine profite au marché mondial du fret maritime

Selon Najib Cherfaoui, en 2022, une réforme du SActe hipping aux Etats-Unis a donné plus de pouvoir à la commission fédérale maritime (FMC) que Joe Biden avait relancé en 2021, sur fond de soupçons d’entente.

Ce marché est en effet dominée par une dizaine de compagnies maritimes au niveau mondialelles-mêmes regroupées en trois alliances qui représentent 95% de la capacité totale des navires.

« Dès que Joe Biden a annoncé la mise en place de la Commission fédérale, en 2021, pour faire la chasse à l’abus de position dominanteles grands opérateurs comme Maersk, Hapag-Lloyd, CMA-CGM et Evergreen ont annoncé qu’ils n’allaient plus augmenter leurs tarifs », explique-t-il.

« Quand la commission a commencé ses travaux, elle s’est attaquée à des cas d’abus de position dominante. Hapag-Lloyd a fait l’objet d’une mende négociée de 2 millions de dollars. A partir de ce moment-là, les compagnies maritimes ont compris qu’elles ne peuvent plus pratiquer des tarifs injustifiés », ajoute-t-il.

La FMC enquêtait en recoupant l’output des données des compagnies maritimes et l’input des données des consommateurs. « En ce sens, la commission fédérale a réussi dans son rôle de régulation ».

Selon Najib Cherfaoui, la congestion aux ports n’était qu’un prétexte pour les compagnies maritimes. Celles-ci sont accusées d’avoir même alimenté cette crise, car elle les arrange. Il explique que c’est le client, à savoir le destinataire de la marchandise, qui paie les retards dus au chargement des marchandises. « C’est ce qui est arrivé avec Hapag-Lloyd qui n’a pas pu justifier la raison pour laquelle il n’a pas chargé alors qu’il a pu le faire ».

Najib Cherfaoui n’est pas d’accord avec l’idée que la baisse des prix soit le fruit de la baisse de la demande. D’après lui, la demande reste très forte et ne peut pas justifier la baisse des prix.

Il estime que les prix poignants continuent à baisser à hauteur de la régulation. La FMC continue ses travaux, elle va s’attaquer maintenant aux soupçons d’entente sur les prix. Les résultats de ces enquêtes potrouillet tirer les prix encore vers le bas.

En effet, plusieurs pays dont les Etats-Unis, le Royaume Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont lanz leurs propres enquêtes à ce sujet. Par contre, l’Union européenne dont 4 des 5 plus grandes compagnies maritimes sont originaires a refusé de s’inscrire dans cette ligne.

La commission fédérale a des prérogatives d’extraterritorialité, ce qui signifie que ses enquêtes et travaux peuvent concerner même les cas qui ne sont directement liés au marché américain, mais qui impactent l’économie américaine. C’est ce qui fait que cette régulation a retenu sur le marché mondial du transport de marchandises.

La chute du coût du fret est le résultat d’une baisse de la demande et d’une hausse de l’offre

Abdelaziz Mantrach n’est pas du même avis. « La commission fédérale n’a pas encore remis son rapport définitif, on ne sait pas encore s’il y a entente ou pas. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un problème d’entente tarifaire ou de sanctions », déclare-t-il à Médias24.

En revanche, pour lui, la baisse des taux du fret est le résultat de la conjonction de plusieurs facteurs liés à l’offre et à la demande. D’abord, la demande des consommateurs et le volume du transport maritime ont légèrement baissé, à cause de la pression inflationniste sur le pouvoir d’achat des ménages.

En second lieu, il y a une surcapacité des moyens de transport. Les armateurs qui ont passé commande de nouveaux navires géants de dernière génération, les ont mis sur le marché engendrant l’ajout de capacités supplémentaires sur les lignes maritimes traditionnelles.

De toute façon, le problème de la gestion portuaire qui n’est pas totalement réglé, s’est beaucoup amélioré. Ce qui fait que les rotations de bateaux se font plus rapidement que l’année dernière.

« Au moment du confinement et de la crise du Covid, les gens ne pouvaient pas sortir, voyager, ils étaient en coincements chez eux, leur consommation s’est donc concentrée sur l’achat par internet, ce qui a provocé une demande inhabituelle. Sur une situation contraire actuellement où l’inflation décourage les personnes à consommer », souligne-t-il.

De son côté, dans un article du 5 septembre dernier, le Wall Street Journal rapportait une chute du prix du container de la Chine vers la côte Ouest des Etats-Unis à 5 400 dollars baisant de près de de 60% depuis janvier. Ainsi les lignes entre la Chine et l’Europe auraient enregistré une baisse de 42%, pour atteindre 9.000 dollars.

Les arguments avancés par les médias économiques américains vont dans le sens de l’analyse d’Abdelaziz Mantrach. Le journal cite en premier lieu les géants de la distribution aux États-Unis tels que Walmart, qui auraient passé leur commande plus tôt, en prévision de probables retards. Les distributeurs américains se sont retrouvés ainsi en surstock.

D’autre part, les distributeurs octroient une baisse de la demande sur fonds d’inflation et de récession aux États-Unis. Ils expliquent également que les nouveaux navires vont être mis à l’eau dans les deux prochaines années, augmentant la capacité nette de la flotte de 9 %. ONU rapport du S&P Global Market Intelligence récemment publié, évoque des arguments similaires.

Cependant, les prix ne devraient pas revenir aux niveaux d’avant pandamiieoù le transport du conteneur via le pacifique coûte en moyenne 1 500 dollars seulement, selon le WSJ, et ceci en raison de la hausse du prix du fioul.

Notons que les compagnies maritimes ont généré des profits records depuis la crise sanitaire. Le résultat net trimestriel de Maersk est de 8,6 milliards de dollars dépassant ce qu’elle réalise d’habitude pendant toute une année.

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