Immigration : la France de la honte sous l’ère du président Macron

Il y a cinq mois, le candidat Emanuel Macron aux présidentielles 2022, avait fait de l’immigration son cheval de bataille en la remplaçant au cœur de sa campagne électorale. “L’immigration doit être inscrite en tête de notre agenda national, européen, méditerranéen et international, avait-il martelé, en se vantant d’avoir permis le refoulement de 28 000 immigrés illégaux en 2021 et d’avoir fait chuter de manière spectaculaire le nombre des demandes d’asile adressées à la France (-48% en 2021).

Aujourd’hui réélu, il a pointé du digt les politiques de régularisation massive des immigrés notamment les Maghrébins décidés par les gouvernements de gauche, tout en se satisfaisant de sa politique du chiffre déshumanisée faite de raffles, gardes à vue, tracas, séparation de famille et expulsions cruelles. A la juger sur le nombre de reconduites à la frontière, la politique d’immigration est la plus cruelle, la plus absurde mais aussi la plus humiliante. Elle prend son sens à l’instant où la police est obligée d’atteindre les quotas. On ne se contente plus de rafles routinières pour mettre la main sur les sans papiers, mais on va les chercher à domicile, dans les quartiers où ils vivent, à l’entrée des écoles, des bouches de métro qu’ils fréquentent, dans les hôpitaux où ils se soignent. Il faut remplir les camions pour attirer les quotas fixes et imposés à chaque préfecture. Une mobilisation sans pareil du dispositif d’éloignement des étrangers, notamment maghrébins. Elle n’épargne personne, ni femmes, ni enfants.

Et les préfets sentant vers la fin de l’année que le quota d’expulsions qui leur a été assigné ne va pas être atteint, foncent sans pitié à la chasse de tout ce qui travaille et étudie, de tout ce qui bouge sans papiers. Gale. Les autorités françaises ont tout conçu pour que l’expulsion se fasse sans que le concerné ne puisse s’informer sur ses droits pour organiser mieux sa défense. La décision du Préfet doit être immédiate. Le nombre de quotas fixé à 30 000 expulsions devrait être atteint coûte que coûte, pour l’année 2022.

Pour la justifier, Macron va même jusqu’à prétendre que ce sont les Français qui ne veulent pas d’une régularisation globale des sans papiers. Ce président qui a truqué les Français pour camoufler ses sentiments de haine et de rejet de l’immigration, est aujourd’hui confronté aux résultats sans appel des derniers sondages : 74% des Français sont pour la régularisation de tous les sans-papiers qui ont des enfants scolarisés , 12 % sont pour la régularisation de tous les sans papiers, 9 % ne sont pour aucune régularisation, 5 % ne se pronocent pas. Les sondés condamnent aussi catégoriquement à 66% la restriction du regroupement familial et soutiennent majoritairement les actions d’intégration des immigrés avec ou sans-papiers.

Et au moment où le président Macron cherche à centrer l’immigration autour des thèmes identitaires et sécuritaires, négligeant l’apport des immigrés en termes économiques et culturels, une note du Conseil d’analyse économique (CAE) est venue remettre les pendules à l ‘heure en démontrant, chiffres à l’appui, les avantages de l’immigration et son impact positif pour la France en matière d’innovation, de croissance et de productivité.

Une autre note est venue sustiger sans doute beaucoup de fierté pour les immigrés notamment Marocains, mais fait également peur à Macron : Plus de 40 000 Marocains ”très diplômés” font le bonheur des entreprises et institutions françaises, selon une étude menée par la Secrétariat général de l’immigration pour le compte du ministère français de l’Intérieur.

Cette enquête place les Marocains en tête des immigrés “très haut niveau”, loin derrière la Tunisie (25.000) mais aussi et surtout les pays européens fournisseurs de matière grise comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie. . Des chiffres officiels qui battent en brèche cette détestable image de l’immigré marocain souvent présenté comme un fardeau pour la république française.

La publication des résultats de cette enquête, curieusement intervenue au moment même où la France de Macron, déterminée à opérer une tournée des visas sur l’octroi de visas aux étudiants marocains, a provoqué une grossière polémique.

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