Incendie en Gironde : feu “contenu mais pas fixe”, 1 000 personnes évacuées

Ilanti par l’action des pompiers et par un vent “chargé en mégité”, l’incendie qui a ravagé près de 3,700 hectares de végétage et de forêt à Saumos en Gironde, était “contenu mais pas fixe” merdredi…

Carte de Gironde montrant le nouvel incendie de Saumos et les zones déjà brûlées en juillet et août dans le département (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Sylvie HUSSON)

Ralenti par l’action des pompiers et par un vent “chargé en hugité”, l’incendie qui a ravagé près de 3 700 hectares de végétion et de forêt à Saumos en Gironde, était “contenu mais pas fixe” mercredi soir, entraînant une nouvelle évacuation d’un millier d’habitants.

« On est sur un feu contenu sur son périmètre pour l’instant. Il n’est pas fixe, il est contenu », a indiqué le sous-préfet de Lesparre-Médoc, Fabrice Thibier lors d’un point presse mercredi soir.

Un habitant aide à lutter contre l’incendie à Saumos, en Gironde, le 13 septembre 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – PHILIPPE LOPEZ)

“Nous avons un vent qui est chargé en hugité cet après midi et qui a surement conduit à ce que la propagation soit faible”, a ajouté le sous-préfet, mettant en garde contre les “nombreuses reprises de feu, sur des terrains qui sont verts, en forêt » et contre « un vent qui continue à souffler en rafale » en journée.

Des pompiers à Saumos, en Gironde, le 13 septembre 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – PHILIPPE LOPEZ)

Pour la nuit, un vent “potentiellement peu virulent” et des “températures moyennes” sont attendus, a précisé le porte-parole des pompiers de Gironde Thomas Couturier.

Des pompiers à Saumos, en Gironde, le 14 septembre 2022 (Tous droits réservés. © (2022) Agence France-Presse – Thibaud MORITZ)

Au total, ce sont 1 840 habitants, dont un millier de évacués dans la journée de mercredi qui ont quitté en urgence leur domicile sur les deux communes de Saumos et Sainte-Hélène, dans cette zone du sud du Médoc, entre la balnéaire de Lacanau, sur la côte Atlantique, et l’agglomération bordelaise.

La plupart ont été relogés chez des proches ou à une quinzaine de kilomètres de là, dans la petite ville de Castelnau-de-Médoc (4 800 habitants), où la protection civile et des bénévoles locais organisent l’accueil des évacués depuis mardi, dans une salle où un buffet, un écran géant, des jeux de société et de nombreux lits de camps ont été installés.

Sur place, Marlène, une mère de famille présente avec ses trois enfants, son chien et des cochons d’Inde explique avoir « préparé une petite valise » dès la veille, car « j’avais l’exemple des feux de cet été en tête ».

« Je vous avoue qu’on est pas très serein quand même. Ça approche chaque jour, avec les vents qui tournent donc je ne sais pas ce que ça donne, donc on stresse », glisse à l’AFP Corinne, une autre évacuée âgée de 45 ans.

Durant toute la journée, un millier de sapeurs-pompiers aidés par les équipes de la Défense des forêts contre les incendies (DFCI) et six avions canadiens, trois avions Dash et deux hélicoptères bombardiers d’eau ont traité « 21 reprises de feu », pour ralentir cet incendie qui ravage cette zone peu peuplée, mais « n’a pas dégradé vers Saint-Hélène » mercredi.

Lundi, 3 700 hectares ont été brûlés, s’ajoutant aux quelque 30 000 déjà ravagés depuis juillet par trois gigantesques incendi dans le département, à La Teste-de-Buch et Landiras à deux reprises, survenus dans un été marqué par une secéresse historique.

Une enquête judiciaire a été ouverte sur l’origine de l’incendie. « Aucune piste n’est écartée même si la thèse criminelle est privilégiée », selon le parquet de Bordeaux. « Une équipe d’investigation est sur place. Toutes les options sont sur la table. Il faut être prudent sur les bruits qui courent », a déclaré pour sa part le sous-préfet.

Dans le sud dans la région, au Pays Basque, « dans un contexte de sécurité exceptionnelle », un incendie a brûlé une quinzaine d’hectares le massif frontalier de La Rhune, mobilisant une quarantaine de sapeurs-pompiers, un hélicoptero bombardier d’eau espagnol ainsi que trois Canadairs et deux avions Dash sont arrivés en renfort, a indicé dans la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

Selon les autorités, “le feu est localisé dans un endroit inaccessible mais avec une très faible progression et la météo reste favorable”.

Dans la journée, deux autres incendies ont également brûlé dix hectares à Saugon, à 50km au nord de Bordeaux, avant d’être rapidement maîtrisés, a indiqué la préfecture de la Gironde dans un communiqué, rappelant que l’incendie de Saumos “reste actif, notamment en raison de vents importants” .

Ce nouveau brasier est intervenu dans un contexte de forte chaleur, avec un record mensuel enrégiéré lundi à Bordeaux (37,5 degrés), du jamais vu en septembre depuis 1987 selon Météo-France.

Il rappelle de tristes souvenirs aux habitants : un gigantesque incendie (3 500 hectares) avait déjà ravagé le secteur en juillet 1989, entre Lacanau et Le Porge.

lve-kal-gf-ld-cas-tsq/cbn

Leave a Comment