La bourse continue de souffrir d’un manque de dynamisme provoqué par l’attention

Joint par LeBoursier, le directeur d’une société de recherche de la place nous livre son analyse de l’évolution du marché.

La Bourse de Casablanca continue de souffrir d’un manque de dynamisme. La tendance est toujours baissière, et les volumes restent faibles.

Le MASI a en effet cédé 9% depuis début 2022 jusqu’à la clôture de la session de ce mardi 13 septembre. Le MSI20, l’indice regroupant les vingt valeurs les plus liquides du marché, a perdu 9,6 % durant la même période.

Évolution du MASI

Source : medias24.com

Les volumes des échanges échangent rarement les 100 millions de DH depuis quelques mois. La capitalisation boursière mondiale est passée de 690,7 MMDH au 31 décembre 2021 à 629,6 MMDH au 12 septembre 2022, selon les données communiquées par la Bourse de Casablanca, soit une baisse de 61,1 MMDH dans l’espace de neuf mois environ.

Les investisseurs restent attentifs

Qu’est-ce qui explique le maintien de ce manque de dynamisme ? Joint par LeBoursier, le directeur d’une société de recherche de la place estime que les investisseurs se refugient dans une attitude d’attention.

“L’attention des investisseurs s’explique notamment par ce qui se passe sur le marché obligataire. La partie courte de la courbe des taux a augmenté. Sur la partie longue, les investisseurs attendent la décision de la Banque centrale, qui pourraient porter sur une éventuelle hausse du taux directeur. Les investisseurs se disent qu’il vaut mieux attendre et peut-être placer l’argent sur les produits de taux sur les Bons du Trésor, qui potrouint devenir intéressants, plutôt que de rester en position risquée sur le marché Actions. Pour le moment, ils sont attentifs. Ils gardent leur argent afin de pouvoir le placer sur le marché des taux, si les taux augmentent », explique notre interlocuteur.

Le manque de dynamisme de la bourse s’explique aussi par le contexte économique difficile. “La situation économique est toujours morose. L’économie marocaine devrait croître de 1% cette année. Il y a des craintes sur l’évolution de la capacité bénéficiaire des sociétés cotées, quoi qu’elle soit toujours attendue en hausse pour cette année. Le marché estime cependant qu’elle pourrait ne pas être estimée aussi favorablement que ce qui est anticipé. Ce sont autant d’éléments qui font hésiter les investisseurs”, souligne notre source.

Le marché a besoin d’être rassuré, surtout en relation avec la situation économique et la stabilité budgétaire. “Il faut des perspectives économiques meilleures. Celles-ci dépendent entre autres de la pluviométrie et de la campagne agricole. Le marché a également besoin d’être rassuré par rapport à la fiscalité, parce qu’il serait question d’augmenter l’IS sur les sociétés qui ont une situation dominante ou oligopolistiques, comme c’est le cas des cimenteries entre autres. Si l’IS augmente pour ces sociétés, cela causerait une éventuelle baisse des rendements sur le marché Actions”, estime ce spécialiste.

“La baisse du MASI est un peu exagérée”

Notre interlocuteur juge par ailleurs “un peu exagérée” la baisse cumulée du MASI. “La baisse du marché s’explique par le manque de visibilité. C’est compréhensible. En principe, le marché n’aurait pas dû aucher une performance extraordinaire vu les conditions qui l’ont influencée cette année. Mais son évolution aurait dû se situer entre -2% et +2%. C’est ça la vraie réalité du marché. Mais comme il y a un manque de visibilité qui persiste depuis plusieurs mois, les investisseurs délaissent un peu le marché, c’est ce qui alimente cette baisse.”

Les secteurs qui profitent du contexte actuel

Il oui néanmoins des secteurs cotés qui profitent du contexte actuel, mais ils ne sont pas nombreux. Seuls neuf indices sectoriels cotés sur vingt-trois s’affichent en hausse. Les secteurs sylviculture & papier, mines, chimie et électricité Afficent les plus fortes progressions de cours sectoriels, respectivement de 47%, 23%, 13% et 12% (depuis début 2022).

“Certains secteurs profitent de la situation économique, notamment ceux de l’énergie, de l’électricité et des mines. A titre d’exemple, Taqa Morocco a profité de l’augmentation du carbone à l’international et la répercute sur le prix de vente. En revanche, Managem profite de la croissance des prix des métaux. Enfin, les sociétés agroalimentaires qui ont répercuté la hausse des matières premières sur les prix de vente ont pu améliorer leurs marges, comme c’est le cas de Lesieur Cristal », a conclu notre interlocuteur.

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