La stigmatisation entrave l’accès aux soins pour les personnes vivant avec le VIH

Au Maroc, alors que le sida tue de moins en moins de personnes, la stigmatisation et la discrimination persistent de faire des victimes parmi les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Leur poids reste tellement intenable qu’il peut même entraver l’accès aux soins de ces personnes et freiner ainsi les efforts des autorités et de la société civile. Les données récentes montrant une augmentation des nouvelles infections à VIH au cours de la dernière décennie, largement concentrées parmi les populations clés, la stigmatisation et la discrimination subies par ces cellules constituent un facteur qui accroît leur vulnérabilité à l’infection à VIH.

Danse une étude publié dans l’édition de septembre 2022 de la revue BMC Infectious Diseases, les chercheurs de Coalition Plus et ALCS Maroc s’intéressent à la question, développant un “Indice de stigmatisation” pour documenter et évaluer le niveau de stigmatisation et de discrimination vécu par les PVVIH au Maroc.

Un effet cumulatif de la peur ou de l’inquiétude de la stigmatisation

Au total, 626 PVVIH ont été recrutés pour l’étude. Parmi elles, 583 PVVIH ont fourni des données complètes concernant la peur de la stigmatisation par le personnel de santé et la famille/les voisins.

L’étude a indiqué que parmi 583 participants, 280 (48%) étaient des femmes et l’âge médian était de 36 ans. Un quart (25,4%) n’avait aucune éducation formelle, près de la moitie (49,5%) étaient au chômage, 71,3% vivaient dans une grande ville ou dans une métropole et le revenu médian des ménages par mois était de 2 000 dirhams. De plus, plus de la moitié (55,2 %) des répondants étaient célibataires, divorcés ou séparés. Le travail du sexe a été signalé par 14,1%, tandis que le nombre médian d’années de vie avec le VIH était de 5 ans. Elle ajoute que la moitié des répondants ont déclaré éviter les services de santé de peur d’être stigmatisés par le personnel de santé et/ou la famille/les voisins.

Les résultats de la présente étude ont mis en évidence « l’effet cumulatif de la peur ou de l’inquiétude de la stigmatisation et de la discrimination au sein du réseau social/communautaire et des milieux de soins chez les PVVIH au Maroc ». «Pour un échantillon représentatif de PVVIH engagés dans des soins de santé, la moitié des répondants ont déclaré éviter le dépistage/prévention/traitement des services VIH par crainte ou souci de stigmatisation par le personnel de santé et/ou la famille/les voisins», alertent les chercheurs.

« Les PVVIH qui ont été victimes de discrimination et qui ont été exclues dans des contextes sociaux peuvent chercher à éviter d’autres discriminations ou exclusions en évitant les services de santé. Dans ces circonstances, éviter les soins de santé peut avoir un impact sur les résultats de santé des personnes séropositives.»

Extrait de l’étude

« Réduire la stigmatisation » pour une « transformation sociale »

Rappelant que “l’impact peut être observé dans les mauvais résultats de santé dus au diagnostic tardif, au traitement précoce et au désengagement des soins”, l’étude ajoute que “les attitudes négatives et discriminatoires envers le PVVIH restent un obstacle majeur à l’amélioration de la santé et de la santé”. qualité de vie des PVVIH et à la réduction de la transmission du VIH dans la région ».

Elle regrette que bien que l’accès aux soins du VIH au Maroc se soit considérablement amélioré au cours de la dernière décennie, “une lacune importante en matière de dépistage demeure malgré les efforts pour le diversifier et l’étendre”, car “la stigmatisation anticipée peut agir comme un obstacle à l’adoption du test de dépistage du VIH parmi les populations clé ».

Selon les chercheurs, les résultats soulignent également la nécessité d’interventions sociales et structurelles pour réduire la stigmatisation et la discrimination chez les personnes séropositives, améliorer leur qualité de vie et faciliter le dépistage du VIH, l’entrée et la rétention dans la cascade de soins du VIH au Maroc » . Dans ce sens, ils suggèrent des programmes de renforcement des capacités ciblant les populations clés de la région mais surtout “d’autres interventions adaptées à la culture ciblant les facteurs à tous les niveaux socio-écologiques” pour “réduire davantage la stigmatisation et la discrimination et permettre une transformation sociales». «Ces interventions à plusieurs niveaux pourraient conduire à des améliorations cruciales de la santé et du bien-être des PVVIH», ont-ils recommandé.

A cela s’ajoute des “interventions à plusieurs niveaux” dirigées non seulement vers les PVVIH et les populations clés affectées par le VIH mais aussi vers d’autres parties prenantes, l’objectif étant de “prendre en considération le contexte plus large dans lequel La stigmatisation et la discrimination sont motivées et entretenues».

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