“Le Dernier Jour des dinosaures”, sur France 5 : retour au Crétacé

Le paléontologue Robert De Palma (étiré) lors de prospections à Tanis (Dakota du Nord).

FRANCE 5 – JEUDI 5 MAI À 21 HEURES – DOCUMENTAIRE

La disparition des dinosaures reste l’un des grands mystères de la science. Favorisée selon certains par un changement climatique, précédée d’éruptions volcaniques géantes en Inde pour d’autres, voire provoquée par la chute d’une météorite géante. Pour les personnes concernées, Hell Creeks, qui s’étend sur le Montana, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud et le Wyoming, est particulièrement attractif, car il contient une grande quantité de fossiles, collectés dans des couches géologiques et dont la strate supérieure correspond au Crétacé supérieur – le âge qui a été précédé de 66 millions d’années par l’extinction des dinosaures.

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Parmi ces passionnés figure le paléontologue Robert De Palma. Il mène depuis dix ans des raids avec son équipe sur un site de Hell Creek, qu’il garde secret dans le Dakota du Nord, et qu’il a nommé “Tanis” (du nom d’une ville connue de l’Egypte ancienne). Une décennie de travail qui lui permet aujourd’hui de conclure que, si le monde n’était pas arrivé un jour, celui des dinosaures aurait, à lui, disparu tout seul.

Devant les caméras du réalisateur Matthew Thompson, De Palma raconte avec conviction les différentes découvertes qui l’ont conduit à ses conclusions : de l’œuf rare de ptérosaure à l’unique galette entière de dinosaure, en passant par les sphères (des milliards de météorite), qui nourrit l’idée que l’impact d’une météorite, à 3 000 kilomètres de Tanis, aurait été à l’origine de la disparition du dinosaure.

Progression d’astéroïdes

Le paléontologue ne mise pas sur les moyens. Robert De Palma s’est ainsi rendu plusieurs fois à Oxford, au Royaume-Uni, pour analyser des fragments de peau fossilisée de tricératops dans un synchrotron, qui agit comme un puissant microscope ; puis à Londres, pour échanger avec un collègue du Muséum d’histoire naturelle ; ou à Aurlandsfjord, en Norvège, afin de visualiser les effets d’un tsunami par ondes sismiques captivera les amateurs.

Une vague géante aurait tué les dinosaures et les reptiles volants qui vivaient sur les rives de Tanis.

Pour tous les autres, le point fort du film réside dans les scènes en 3D qui perpétuent le quotidien des tyrannosaures, tricératops et autres reptiles volants, “filmées” à la manière de Jacques Perrin en Le Peuple Migrant (2001). Avant de terminer par le décompte minute par minute, de leurs derniers instants, avec un réalisme impressionnant – et les moyens d’une co-production avec la BBC.

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Entre forêt et rivière, sur la bande sablonneuse de Tanis qualifiée de “Capsule temporaire”, la mise en scène reprend les codes du film catastrophe, alternant des scènes lumineuses, parfois drôles, basées sur la progression de l’atrophie.

Le télescope est autorisé à décoller. A moins d’écouter attentivement, le mot « hypothèse » est mis en boucle dans les commentaires, formulé au conditionnel. Ainsi cette mandibule trouvée chez un terrier a été divisée “Sans aucun doute” à un petit marsupial; et l’analyse d’une corne de triceratops fossilisée suggère qu’il est “Peut mourir de faim.”

Avec peut-être Tanis “enregistré” dans ses sédiments les quatre vingt dix dernières minutes du Crétacé. Ils sont ici restitués dans une ultime apothéose virtuelle qui commence par : “C’était un jour de printemps ordinaire…”

Le dernier jour des dinosaures, de Matthew Thompson (Fr., 2022, 88 min).

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