le point avec le professeur Michel Carles, infectiologue au CHU de Nice

L’épidémie a débuté au cœur de l’été. Mais les collectivités ont la réaction pour mettre en place la vaccination contre la variole. En cette rentrée, on fait le point sur la variole du singe avec le professeur Michel Carles, infectiologue au CHU de Nice.

Le professeur Michel Carles, infectiologue au CHU de Nice était l’invité de France 3 Côte d’Azur dans le 18h30 ce mardi 13 septembre. Nous faisons un point avec lui sur la variole du singe cette maladie virale qui se distingue notamment par des lésions cutanées, se résolvent généralement d’eux-mêmes mais peut être très douloureuse, et parfois graves.
Une étude parue ce mardi a détaillé deux cas d’encéphalomyélite — une inflammation touchant le système nerveux, ne la moelle épinière — associés à une infection à la variole du singe.

Pour le professeur Carles qui a observé ce virus de la variole dès la mi-juillet, “c’est une maladie dont la contagiosité est plus faible que le Covid 19 car il faut des contacts étroits. C’est une MST (maladie sexuellement transmissible) qui se transmet par les sécrétions génitales et la salive.”

Les autorités sanitaires se montrent rassurantes : le pic de 40 cas par semaine est passé et depuis, ça décroît. Sur observation seulement 10 charges par semaine, voire moins.

“Il s’agit généralement d’hommes jeunes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, des hommes de moins de 50 ans”. C’est la multiplicité des partenaires qui augmente les risques.

Les travailleuses du sexe sont également concernées. En revanche, peu de cas dans la communauté lesbienne.

“Les symptômes sont de la fièvre, des boutons et des lésions sur les muqueuses”. Problème : ces symptômes sont aussi très proches de ceux de la varicelle. En cas de doute, des tests PCR existent dans les hôpitaux et les laboratoires.

Normalement non, on ne meurt pas de la varicelle. “C’est une maladie inconfortable, parfois il faut prendre de la morphine pour soulager les démangeaisons, précise l’infectiologue. Cependant, chez certaines personnes immuno-déprimées, “le risque de décès est faible mais pas impossible”.

Les enfants étaient en obligatoirement vaccinés jusque dans les années 1980.

Pour Michel Carles, si l’on est exposé, une seule dose ne suffit pas, il en faut une deuxième. Il précise que le taux d’anticorps monte doucement après une injection. Il faut attendre en moyenne six semaines entre deux injections pour que le vaccin soit vraiment efficace. Et 3 doses pour les personnes les plus faibles. Il précise : “c’est un vaccin de 3ème génération qui est très bien toléré.”

« Aujourd’hui, l’offre de vaccination est supérieure à la demande en PACA », précis Olivier Reilhes, de l’Agence Régionale de Santé.

La vaccination a débuté au CHU de Nice peu après le 14 juillet. Et en deux mois, il y a eu 7000 personnes vaccinées en PACA, dont 3000 dans les Alpes-Maritimesd’après les chiffres de l’ARS.

Une campagne de vaccination qui se rouble dans une trenteaine de centres, dans les hôpitaux, les CEGID, les locaux de l’association Aides et dans les centres mis à disposition par les collectivités.

La Haute Autorité de Santé (HAS), recommande la vaccination en cas de contact avec des personnes infectées ou en prévention.

Cette maladie, identifiée en 1958 en République démocratique du Congo, se propage dans les forêts tropicales d’Afrique centrale. Les singes mais aussi les rongeurs, les écureuils, les antilopes et les gazelles peuvent être les vecteurs de la variole.

Et récemment, “Une première épidémie a eu lieu aux USA dans les années 2000, vraisemblablement liée au commerce des rongeurs infectés et des voyageurs qui transportent le virus sans le savoir”, avance le professeur Carles.

Depuis, la variole avait disparu. Aujourd’hui, les autorités sanitaires savent que “ces bouffées d’épidémie” peuvent réapparaitre, même en Europe.

La région PACA c’est 3e région la plus touchée. Depuis le 8 septembre, 3 785 cas d’infections ont été confirmés par le virus Monkeypox (variole du singe) en France. La répartition des cas par région de résidence est la suivante : 2311 en Ile-de-France, 305 en Occitanie, 264 en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Leave a Comment