L’EPFL découvre pourquoi certains cancers du sein se réveillent

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MédecineL’EPFL découvre pourquoi certains cancers du sein se réveillent

Les patients avec le type de cancer le plus fréquent ont un risque de récidive dans d’autres organes toute leur vie. Le mécanisme a été décrypté, d’où des pistes de traitement.

Plus de 70 % des cancers sont à récepteurs aux œstrogènes positifs, plus facilement traitables, mais avec un risque de récidive.

Plus de 70 % des cancers sont à récepteurs aux œstrogènes positifs, plus facilement traitables, mais avec un risque de récidive.

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Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes. Dans certains d’entre eux, la cellule cancéreuse contient des récepteurs hormonaux. Ce sont des récepteurs positifs (RH+). Les hormones peuvent être de deux types : l’œstrogène et la progestérone. On retrouve des récepteurs d’œstrogènes et des récepteurs de la progestérone dans la majorité des cancers dits inflitrants, c’est-à-dire qu’ils présentent des canaux mais ont envahi le sein environnant.

Dans d’autres cancers, la cellule ne contient pas de récepteurs hormonaux, on les appelle les récepteurs négatifs (RH-). Les traitements différents pour ces deux types de cancer, car les RH- ne sont pas sensibles aux traitements hormonaux.

Plus de 70 % des cancers sont positifs aux récepteurs des œstrogènes (ER+). Ils peuvent recevoir un traitement hormonal et proliférant moins que les cancers à récepteur d’œstrogène négatif (ER-) et donc, les patients avec ER + ont le meilleur taux de survie à 5 ans que les patients avec ER –. Cependant, les patients ER- qui ne rechutent pas dans les cinq premières années suivantes les traitements sont généralement considérés comme guéris de la maladie, alors que les patients ER + ont un risque de rechute à vie, bien qu’ils aient présenté initialement d’ une hormonothérapie, contrairement aux ER-.

Des métastases se forment ailleurs

Car, par rapport aux ER-, le cancer ER+ se manifeste souvent par une maladie dormante. C’est-à-dire qu’elle récidive des décennies après le diagnostic initial, des métastases se formant dans d’autres organes du corps. Les mécanismes contrôlant la dormance et la récurrence à distance des tumeurs ER + restaient insaissables en raison du manque de modèles précliniques, soit d’études préliminaires avant les tests sur l’homme.

Des chercheurs de l’EPFL ont réussi à développer des tests sur des souris pour étudier le cancer du sein chez les femmes. Ce modèle, développé dans le laboratoire du professeur Cathrin Brisken à l’EPFL, est décrit dans “Communication Nature” s’appelle le modèle intracanalaire. “Les cellules cancéreuses sont injectées directement dans les canaux galactophores des souris, où le lait est produit, alors que dans les modèles précédents, elles étaient injectées dans la graisse du sein ou sous la peau des souris. Ou un cancer infiltrant chez les patientes débute dans le canal lactifère», nous explique le Dr Patrick Aouad, premier auteur de l’étude qui fait son doctorat dans le laboratoire de Cathrin Brisken. Ce nouveau modèle lui a permis d’étudier les cellules dormantes dans différents organes tels que les poumons, le foie, le cerveau et les os, en raison des similitudes entre ce modèle et les manifestations cliniques chez les femmes.

Impêcher le réveil des cellules

Les scientifiques ont observé que les cellules dormantes changeaient d’état. Les cellules d’origine sont en effet dans un état dit « épithélial » : les cellules sont dans un ordre bien structuré, les unes à côté des autres, attachées les unes aux autres notamment grâce à la protéine E-cadhérine et autres jonctions épithéliales.

Image en trois dimensions du sein effectuées par le Dr.  Patrick Aouad dans le laboratoire de la professeure Cathrin Brisken à l'EPFL.  Cette image a remporté le prix du public de la 5e édition de l'exposition internationale Figure 1A, concours annuel lausannois d'art scientifique.

Image en trois dimensions du sein effectuées par le Dr. Patrick Aouad dans le laboratoire de la professeure Cathrin Brisken à l’EPFL. Cette image a gagné prix du public de la 5e édition de l’exposition internationale Figure 1A, concours annuel lausannois d’art scientifique.

Patrick Aouad

Or les cellules dormantes sont maintenant dans un état dit « mésenchymateux » : elles sont allongées et non attachées les unes aux autres. Ces cellules dormantes ne causent aucun dégât dans l’organe où elles se trouvent. Jusqu’à ce qu’elles prolifèrent à nouveau. Donc qu’elles retrouvent leur état épithélial d’origine et qu’elles se lient à nouveau entre elles, formant des métastases. Et pour qu’elles se lient, elles ont besoin de cette protéine E-cadhérine. Ce qui ouvre des pistes pour des traitements car cibler cette protéine et l’empêcher d’agir peut permettre de laisser les cellules sommeiller et par conséquent inhiberait les récidives après plusieurs années de diagnostic. C’est là ce que devrait maintenant étudier le laboratoire de la professeure Cathrin Brisken à l’EPFL.

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