Les exportations de l’Inde pourraient chuter de 25% en 2022/2023 en raison des restrictions commerciales

(Agence Ecofin) – Le riz est la céréale majeure dont les échanges mondiaux sont les plus faibles. Cette situation qui tient au fait que les principaux producteurs de la denrée en sont aussi les plus gros consommateurs rendent le marché très sensible aux politiques commerciales en Asie, le foyer de l’offre.

En 2022, l’Inde enverra moins de riz sur le marché mondial. Selon BV Krishna Rao, président de l’Association des exportateurs de riz (TREA), les exportations de céréales devraient diminuer de 5 millions de tonnes d’ici la fin de l’exercice 2022/2023 en mars en raison des restrictions imposées par New Delhi.

Le pays asiatique, deuxième producteur mondial de graminées, a effectivement interdit les expéditions de riz 100 % brisures à partir du 9 septembre et imposé une taxe de 20 % sur les ventes de différentes qualités du produit (riz non basmati, riz paddy, riz complet, riz non étuvé ).

Il s’agit de la première mesure de limitation du commerce extérieur du riz de l’Inde depuis la fin en 2011, de l’interdiction portant sur l’exportation du riz non basmati ayant duré trois ans. Cette démarche s’explique par la volonté des autorités d’améliorer l’approvisionnement intérieur après des pluies de mousson inférieures à la moyenne enregistrées dans les principaux États producteurs tels que le Bengale occidental, le Bihar et l’Uttar Pradesh.

Il faut aussi noter que la mesure est l’une des conséquences de la forte demande du risé brisé 100 % de la part de la Chine. Le pays qui avait déjà été en 2021, le premier acheteur mondial de riz brisé avec 1,1 million de tonnes en 2021 accumule ses importations depuis quelques mois pour satisfaire les besoins de l’alimentation du bétail sur fond de sécheresse.

Globalement, à la faveur du recul anticipé, les exportations de riz de l’Inde devraient atteindre un total de 16,2 millions de tonnes au cours de l’exercice en cours contre le record de 21,5 millions de tonnes émises durant l’année fiscale 2021/2022.

Les restrictions de l’Inde, une aubaine pour l’alliance Thaïlande-Vietnam…

Cette décision de l’Inde, qui représente plus de 40 % des expéditions mondiales de riz, est un formidable coup d’éclat pour le duo Thaïlande-Vietnam, qui s’affaire à augmenter les prix de vente des céréales sur le marché.

Avec les droits de douane qui effritent la compétitivité du riz indien, les deux pays qui pèsent pour le quart du commerce mondial de la céréale peuvent nouvelles profiter d’une hausse de prix qui découlera à la rareté de l’offre indienne. Ceux-ci pareuint même grappiller quelques parts de marché en proposant la céréale à un prix plus des avantages aux clients traditionnels de l’Inde.

La Thaïlande est particulière bien établie d’autant plus que le pays anticipe une hausse de 500 000 tonnes de ses exportations de riz à 7,5 millions de tonnes avec la faiblesse de sa monnaie locale (baht) et une bonne récolte.

….Et un casse-tête pour plusieurs pays Africains

Sur le continent africain, où 40 % du riz consommé provient des importations, la décision de l’Inde suscite des inquiétudes car les pays asiatiques sont le premier fournisseur de ce marché. Dans la zone, les importations de riz ont atteint les 14 millions de tonnes par an depuis 2018 pour plus de 7 milliards $.

Pour l’essentiel, les effets de la mesure à l’échelle de chaque pays dépendent du niveau des stocks, de l’état de dépendance vis-à-vis de l’approvisionement indien ou de la durée de la restriction. Déjà, plusieurs observateurs soulignent que le Sénégal sera l’un des pays où l’interdiction d’exporter du riz 100% brisé sera la plus scrutée.

En effet, dans la seconde économie de l’UEMOA, 98% du riz importé est du riz cassé bon marché qui entre dans la composition de l’assiette nationale.Thiéboudiène». Cette variété est préférée par les consommateurs parfois au détriment du riz blanc produit localement qui est partiellement consommé en Guinée-Bissau, au Mali, en Gambie et en Mauritanie.

En 2021/2022, l’Inde a fourni 55% des importations de riz sénégalais devant la Thaïlande (22%), le Brésil (12%) et la Chine (4%), selon les données du Trade Data Monitor (TDM). En dehors du Sénégal, la Côte d’Ivoire est également une destination clé pour le riz indien en Afrique de l’Ouest. La nation éburnéenne a été importée en 2020, plus de 550 000 tonnes de riz des pays asiatiques, soit 45% du total de ses achats de la céréale.

Dans la sous-région, principale zone d’importation de céréales, le Ghana est l’un des rares pays où le Vietnam domine l’offre extérieure en 2021 pour 63% des achats totaux

Espoir Olodo

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