les nouveautés présentées à l’EASD 2022

Le Prof Jardena Puder (diabétologue au CHUV de Lausanne) résume une session de EASD 2022 consacrée aux conséquences du diabète pendant la grossesse, notamment la survenue de TDAH et de malformations cardiaques congénitales chez les enfants exposés au diabète gestationnel, et les complications périnatales.

TRANSCRIPTION

Bonjour, je m’appelle Jardena Puder, j’ai presidente la séance Diabète et grossesse [1] et je voulais vous reporter quelques points qui montaient interessee et qui sont assez nouveaux :

  • La présence de microalbuminurie chez les patientes atteintes de diabète de type 1, déjà avant la grossesse, est clairement liée à des complications plus importantes au cours de la grossesse, ainsi que dans les 13 années qui suivent, notamment au niveau rénal et même au niveau de la mortalité. [2] [ndlr. Chez 191 patientes DT1 (116 avec une normoalbuminurie, 75 une microalbuminurie), un contrôle métabolique strict a été maintenu tout au long de la grossesse. Résultats : lorsqu’une microalbuminurie était détectée au 1er trimestre, le risque de prééclampsie était multiplié par 4,6, le risque d’accouchement prématuré par 2,8 et le risque de mortalité périnatale par 7,3, par rapport aux patientes présentant une normoalbuminurie. Dans les deux groupes, une détérioration du contrôle de la glycémie a été observée 13 ans après l’accouchement. Le % de complications était plus élevé si la grossesse se déroulait avec une microalbuminurie, le risque de rétinopathie était multiplié par 3,4 et le risque d’insuffisance rénale chronique par 3 par rapport aux patientes avec une normoalbuminurie. ]

  • Un autre sujet était le lien entre la graisse viscérale, voire à IMC égal, et les complications de la grossesse, mais aussi la résistance d’insuline et un futur diabète et prédiabète en général. Un phénomène qui touche beaucoup certaines populations de l’Asie. [3] [ ndlr. Étude SPRESTO : les dépôts de graisse sous-cutanée peuvent être mobilisés de manière préférentielle au début de la période post-partum, par rapport au tissu adipeux viscéral et à la graisse ectopique hépatique. Alors que l’augmentation des graisses viscérale et hépatique est généralement liée à une résistance élevée à l’insuline, l’augmentation de ces deux dépôts n’était pas accompagnée d’une augmentation d’index d’insulinorésistance HOMA2-IR. ]

  • Un autre point qui était assez important : le risque de malformations congénitales, surtout cardiaques, est élevé chez les patients avec un diabète préexistant, tel que rapporté dans une étude française nationale. Cela touche autant les patients avec un diabète de type 1 que ceux avec un diabète de type 2. [4] [ndlr. Dans la base donnée française PMSI-MCO (plus de 6 millions de mères-enfants), le taux de malformations congénitales cardiaques était de 6,2 % dans le groupe témoin, de 8,0 % chez les femmes atteintes d’un DT1 et de 8,4 % chez les femmes atteintes d’un DT2 (p<0,001). L'incidence de malformations était de 8,0 pour 1000 naissances dans le groupe témoin, de 29,6/1000 et de 27,4/1000 chez les femmes DT1 et DT2, respectivement (p<0,001). Le risque malformations était 2,07 fois plus élevé chez les femmes DT1 [IC 95% [1,91-2,24]p<0,001]et 2,20 fois plus élevée chez les DT2 2 [IC 95% [1,99-2,44]], p<0,001], aucune différence n'ayant été constatée entre le DT1 et le DT2 (p=0,336). Le diabète prégestationnel représente donc un facteur de risque de développement de malformations congénitales chez la progéniture sans différence significative entre les deux types de diabète. Le contrôle métabolique est un facteur de risque modifiable sur lequel on peut agir pour réduire le risque de maladie coronarienne, selon les auteurs. ]

  • L’analyse de 3 grands registres regroupant plus de 4 millions de patients (pères, mères et enfants inclus) [en Asie et Europe du Nord (Hong Kong, Taiwan, Finlande, Islande, Norvège, Suède)] a retrouvé un lien entre le diabète, gestationnel ou préexistant, et la présence de TDAH chez l’enfant jusqu’à six ans. Mais les chercheurs ont essayé d’apparier avec des mères qui avaient, dans une de leurs grossesses, un diabète gestationnel, dans l’autre non, et là ils ont trouvé qu’en fait ce nest pas la présence du diabète gestationnel qui la faisait différence. Il y a probablement d’autres facteurs environnementaux ou génétiques qui jouent un rôle. [5]

  • Enfin, la présence d’une hyperinsulinémie précoce à 30 minutes, même à glycémie égale, est liée à la survenue d’une macrosomie plus tard lors de l’accouchement. [6]

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