L’Iran. L’impunité, arme de destruction massive des mollahs

Au nom de la république islamique, tout est permis

Au nom de la république islamique, tout est permis

Le 8 juillet 2022, l’imam Juma Ardakan a déclaré dans son sermon de prière du vendredi : « Le hijab est l’un des facteurs de l’autorité nationale et de la sécurité du pays ». À Karaj comme dans de nombreuses autres villes d’Iran, les propos des imams convergent vendredi vers ce point très important : le port du hijab comme garant de la stabilité du régime, les femmes « sans hijab » représentant un réel danger pour la Islam des mollahs. Le hijab, véritable symbole de la soumission que les femmes ont décidé de libérer, devient de facto un enjeu majeur dans la lutte qui oppose le peuple au pouvoir.

Une répression toujours plus forte pour tenter de contenir les esprits rebelles

L’actuel président de l’Iran, Ebrahim Raïssi, l’a très bien compris. En ordonnant aux agences de répression interne du pays de concentrer leurs efforts (et leur violence) sur les femmes rebelles, il espère encore contenir des années de colères voulues sur le point d’exploser. De fait, l’Iran connaît actuellement un nouveau cycle de violence sans précédent à l’encontre des femmes “mal voilées”, aussi bien dans les bureaux qu’en pleine rue ou au sein des centres commerciaux. Les voitures de la police de “sécurité morale” patrouillent partout et imposant leur présence aux yeux de tous.

Une partie importante du dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU à l’Assemblée générale daté d’août 2022 est consacrée aux “violations arbitraires du droit à la vie, notamment la multiplication des exécutions et le recours à la force létale résultant de l’impunité au cours de l’année écoulée“ en Iran, comme lors de la répression des manifestations nationales de novembre 2019.

Selon les Nations Unies et Amnesty International, l’actuel président de l’Iran, Ebrahim Raïssi, a été impliqué dans le massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988, la grande majorité d’entre eux étant des moudjahidines du peuple, les principaux opposants aux politiques de la république islamique. De manière plus générale, Amnesty International parle d’une « immunité systématique des personnes impliquées dans la torture » en Iran. L’impunité totale des auteurs et des responsables de violations des droits de l’homme devient un phénomène très inquiétant. Et force est de constater que dans ce domaine, l’Iran des mollahs est, sinon unique, du moins très rare.

Ebrahim Raïssi profite de cette immunité aux sanctions et déclare vouloir revenir à l’Assemblée générale du Conseil de sécurité de l’ONU alors qu’Amnesty International fait état d’une augmentation sans précédent des exécutions, y compris publiques en Iran. Le fait est que la machine à exécutée et à tortionnaire ne s’arrête jamais chez les mollahs d’Iran. Mais les Nations Unies ont-elles été fondées pour accueillir les auteurs de massacres et toute impunité ?

Le terrorisme se poursuit en dehors de l’Iran

Parallèlement à la répression à l’intérieur du pays, le régime théocratique poursuit son œuvre terroriste au-delà de ses frontières. L’une des plus importantes opérations terroristes du régime iranien à l’étranger ces dernières années s’est fort heureusement soldée par un échec. L’attentat prévu à Villepinte le 30 juin 2018 visait le Conseil national de la Résistance iranienne lors de son rendez-vous international annuel. Des centaines voire des milliers de personnes auraient pu être tuées ou gravement blessées.

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Après que cette opération a été déjouée par les services européens, un diplomate accrédité du gouvernement iranien et ses trois complices ont été interpellés. Une enquête de 3 ans menée par la police et le procureur fédéral belge a abouti à une condamnation à 20 ans de prison par le tribunal d’Anvers pour Assadollah Assadi et à de lourdes peines de prison pour ses complices. Mais le régime iranien, qui a toujours considéré la prise d’otages comme un outil diplomatique, a forcé le gouvernement belge à signer un accord de transfert des prisonniers condamnés vers le pays d’origine après avoir emprisonné un citoyen belge innocent en Iran. Ceci bien entendu dans le seul mais de faire libérer le diplomate terroriste, cerveau de l’opération de Villepinte.

L’approbation de ce traité au parlement belge a été provoquée par de nombreuses protestations dans l’opinion publique et parmi les parlementaires – y compris dans les rangs de la majorité -, les juristes et les avocats. L’Ordre des avocats de Bruxelles l’a même qualifié de “dérision de l’État de droit”. Le traité garantit en effet une nouvelle fois l’impunité des auteurs de violations aux droits fondamentaux de l’essentiel que sont les autorités iraniennes. C’est bien cette impunité qui conforte les mollahs iraniens dans leur stratégie de répression interne et de prolifération terroriste à travers le monde. Plus que toute autre, l’impunité est une arme de destruction massive !

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