même les adolescents voient leur santé cardiaque en pâtir

L’ESSENTIEL

  • 40 000 personnes meurent chaque année des suites de la pollution de l’air, selon Santé publique France.
  • Comme les adultes, les adolescents sont également exposés aux risques induits par la pollution atmosphérique.

Pathologies cardiovasculaires et respiratoires, cancer du poumon, espérance de vie réduite… Les conséquences de la pollution atmosphérique sur la santé sont multiples. Au même titre que les adultes, les adolescents ne sont pas épargnés par les dangers de la dégradation de la qualité de l’air. D’après une nouvelle étude publiée dans le Journal de l’American Heart Association, ce phénomène pourrait provoquer des arythmies, autrement dit des rythmes cardiaques irréguliers, chez les jeunes.

Données de 322 adolescents américains étudiés

Au cours de recherches, des scientifiques ont observé les effets de l’inhalation de particules fines (PM2,5) sur le rythme cardiaque des adolescents. En général, les particules en suspension dans l’air ont une taille de 2,5 microns et sont associées à la combustion de carburant provenant des gaz d’échappement des voitures, des usines ou des feux de forêt. Une fois dans les poumons, voire dans la circulation sanguine, ces polluants peuvent entraîner une irritation des voies respiratoires ainsi que des vaisseaux sanguins autour du cœur.

L’impact de la pollution atmosphérique a été évalué sur deux types de rythmes cardiaques irréguliers :

  • jees contractions auriculaires prématurées (PAC) qui correspondent aux battements du cœur sourcent des oreillettes. Ce rythme cardiaque est associé à un risque accru de fibrillation auriculaire, une forme grave d’arythmie ;
  • les contractions ventriculaires prématurées (PVC) qui se traduisent par des battements du cœur issus d’un des ventricules. Ils augmentent les risques de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance cardiaque ou de mort cardiaque subite.

L’impact de la pollution sur la santé cardiovasculaire des jeunes

Pour l’étude, les données de santé de 322 adolescents âgés de 17 ans en moyenne vivant en Pennsylvanie ont été analysées. Ces informations sont issues d’une évaluation de suivi de la Penn State Child Cohort, menée entre 2002 et 2006. À cette époque, les participants étaient âgés de 6 à 12 ans. Sept ans plus tard, l’exposition aux particules dans l’air respiré par chaque adolescent avait été mesurée à l’aide d’un néphélomètre pendant 24 heures. Les volontaires avaient également passé des électrocardiogrammes.

La concentration moyenne de PM2,5 mesurée dans l’étude de suivi était d’environ 17 microgrammes de particules par mètre cube d’air (µg/m3) par jour. Un taux largement inférieur à la norme de qualité de l’air de 35 µg/m3 établi par l’Agence Américaine de protection de l’environnement (EPA).

D’après les résultats, un rythme cardiaque régularier a été décelé chez 79 % des adolescents lors des opérations effectuées par l’évaluation de suivi de la Penn State Child Cohort. Au sein de ce groupe, 40 % souffraient de contractions auriculaires prématurées, 12 % de contractions ventriculaires prématurées et 48 % souffraient de deux types de rythme cardiaque.

Des mesures de précaution pour se protéger de la mauvaise qualité de l’air

“Il est alarmant que nous ayons pu observer un aussi important de la pollution aussi de la pollution sur les arythmies cardiaques alors que la qualité de l’air restait inférieure aux normes sanitaires établies par l’EPA. Cela peut suggérer que les adolescents qui vivent dans les zones très polluées comme les centres-villes actuelles un risque encore plus élevé”a avancè Fan He, enseignant en sciences de la santé publique au Penn State College of Medicine (États-Unis) et auteur principal de l’étude.

Selon des chercheurs, la pollution atmosphérique augmente le risque de maladies cardiovasculaires et de décès chez les adolescents. “Des mesures de protection, telles que le port de masques et l’arrêt d’activités physiques peuvent être justifiées les jours où la concentration de particules est élevée, notamment aux heures de pointe du matin”a suggéré Fan He.

Cette étude a cependant des limites. Les scientifiques n’ont, par exemple, pas pu évaluer les effets de la pollution atmosphérique sur les différents sous-types de contractionaires ventriculaires prématurées.


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