Nouvelles heures sur le terrain des mosquées de Jérusalem

Des affrontements ont éclaté jeudi entre policiers israéliens et palestiniens sur le terrain des mosquées de Jérusalem, où des fidèles juifs ont recommandé de sortir en grand nombre malgré les craintes d’une nouvelle escalade.

La police israélienne a pris d’assaut le sol pour “repousser” des dizaines de kamikazes qui ont tiré des projectiles” et l’un de ses membres a été grièvement blessé, selon un communiqué. De son côté, le Croissant-Rouge palestinien a fait état de deux blessés palestiniens qui ont été évacués de l’hôpital.

Selon un photographe de l’AFP sur place, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc après avoir renforcé sa présence devant la mosquée Al-Aqsa située sur l’esplanade, troisième lieu saint de l’islam mais aussi site le plus sacré du judaïsme sous son nom, Mont du temple.

Après une pause de plusieurs jours liée à la fin du mois musulman du Ramadan, des fidèles juifs ont défilé jeudi sur l’esplanade, le 74e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël selon le calendrier hébreu, coïncidant avec la fin du mois musulman célébrations de l’Aid al-Fitr.

“De 07h00 à 11h00, environ 600 extrémistes (juifs, ndlr) de 25 organisations différentes sont venus sur la plage”, a déclaré à l’AFP le cheikh de la mosquée Al-Aqsa, Omar al-Kiswani.

Dans le sillage d’une situation tacite, les non-musulmans peuvent se promener dans la plaine mais sans prier. Maintenant, le nombre croissant de Juifs augmente et le fait que certains d’entre eux deviennent subreptiques, fait craindre une rémission à cause de ce statu quo chez de nombreux musulmans.

– “Faible” –

La semaine dernière, le chef du mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Sinouar, a menacé Israël de tirs de roquettes en cas de “nouvelle agression” contre la mosquée Al-Aqsa.

En avril, les forces de l’ordre israéliennes ont pris d’assaut la mosquée Al-Aqsa, provoquant une vague d’indignation parmi les Palestiniens et les pays du Moyen-Orient.

Au pouvoir à Gaza sous blocus israélien, le Hamas dit vouloir défendre le sol de la mosquée.

Il y a près d’un an, les tirs de roquettes du Hamas sur Israël après les attentats à Jérusalem-Est qui ont fait des centaines de blessés palestiniens ont provoqué une guerre de 11 jours avec l’armée israélienne.

« Le rassemblement (de jeudi) des Juifs sur le mont du Temple prouve que le Hamas est une organisation faible qui peut facilement être maîtrisée. En ce 74e anniversaire de l’indépendance de l’Etat d’Israël, il est important que même les membres du gouvernement se souviennent que nous sommes un Etat indépendant », a commenté sur Twitter le chef de file de l’extrême droite israélienne, Itamar Ben Gvir (opposition).

Ces dernières semaines, le gouvernement de Naftali Bennett a répété à plusieurs reprises qu’il ne voulait pas changer le statu quo sur l’esplanade, foyer de tensions à Jérusalem, et a mené des pourparlers avec la Jordanie, le pays voisin qui administre le lieu saint musulman, dans l’espoir d’éviter les évasions.

Le gouvernement israélien, qui contrôle l’accès au site, a maintenu jeudi sa réouverture aux Juifs malgré les appels des responsables palestiniens et régionaux qui craignaient de nouveaux jours.

– “Déclaration de guerre” –

Depuis avril, des affrontements entre policiers israéliens et palestiniens ont fait près de 300 blessés, en majorité des Palestiniens, sur la planade située dans la partie palestinienne de Jérusalem, occupée depuis 1967 par Israël.

La décision du gouvernement Bennett est “une déclaration officielle israélienne de guerre à la religion qui va enflammer toute la région”, a déclaré le ministère palestinien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le ministère a accusé Israël de vouloir “juifiser” le sol de la mosquée et la police a bloqué l’entrée de la mosquée Al-Aqsa pendant que les fidèles musulmans se rassemblent.

La Jordanie a pour sa part contrecarré la décision du gouvernement israélien d’autoriser les “extrémistes” juifs à “envahir” l’esplanade, affirmant que leur présence sur les lieux devait être “coordonnée” avec le Waqf jordanien, l’autorité en charge des lieux musulmans. de culte.

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