où en est le projet ”Anchois”?

Au cours des dernières années, les découvertes d’hydrocarbures au Maroc ont été plutôt gazières que pétrolières. De plus, ces découvertes sont en général de petite taille. La plus intéressante de ces découvertes à ce jour est Anchois, qui est située sur le permis marin de Lixus Offshore au large de la ville de Larache.

Ce permis est détenu depuis 2019 par Chariot Limited (75%), une société basée à Guernesey, et par l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (Onhym – 25%), la société nationale du Maroc. Chariot est l’opérateur de Lixus, dont la superficie est de 1 794 km².

Une découverte qui remonte à 2009, confirmée au début 2022

La découverte remonte en fait à 2009, avec le puits d’exploration Anchois-1. En décembre 2021, Chariot a foré le puits Anchois-2, qui était un puits d’appréciation et d’exploration. Cela signifie que ce forrage avait un double objectif : évaluateur des ressources gazières découvertes (appréciation) et examinateur du potentiel d’autres zones (exploration).

Anchois-2 a été un succès : l’épaisseur de la zone productive nette est attribuée à 150 mètres (55 mètres pour le puits Anchois-1) et les deux partenaires envisagent depuis le développement du champ gazier d’Anchois.

En juillet 2022, Chariot a fait état de nouvelles estimations sur les ressources gazières d’Anchois. Ces chiffres présentent d’une entreprise spécialisée dans ce domaine, Netherland Sewell & Associates, Inc. (NSAI, Texas).

Les ressources “contingentes” (éventuelles) d’Anchois sont à présent foursés à 637 milliards de pieds cubes (637 Gp.c.) de gaz, soit 18 milliards de mètres cubes, les ressources “prospectives” à 754 Gp .c. (21.35 milliards de mètres cubes) et les ressources récupérables restantes à 1 391 Gp.c. (39,4 milliards de mètres cubes), soit la somme des ressources contingentes et prospectives.

La NSAI a également fourni des estimations pour l’ensemble du permis Lixus et pour le permis Rissana Offshore (8 490 km²) qui entoure Lixus. Rissana a été attribué à Chariot/Onhym au début de 2022. Mais ces estimations (ressources récupérables de 4 600 Gp.c. pour Lixus, soit 130.25 milliards de mètres cubes) ne se rapportent pas sur des forages et leur degré de fiabilité restant est donc faible assez.

Si nous en restons au champ gazier d’Achois, il faut noter que nous n’avons pas encore des estimations de réserves. Le concept de réserves se définit à partir de trois critères clés : il y a eu une ou des découvertes, les volumes d’hydrocarbures sont techniquement récupérés et leur exploitation serait locative.

Les ressources contingentes ne sont pas actuellement prévévées comme commerciales (rentables) mais potreint le devenir. Les ressources prospectives sont les quantités d’hydrocarbures qui pourraient être potentiellement récupérables à partir d’accumulations non découvertes. Cette deuxième catégorie est donc très spéculative puisqu’il n’y a pas eu de découvertes.

« L’anchois » pourrait entrer en production en 2024 ou 2025

Chariot entend accélérer le développement futur d’Achois en vue d’une mise en production « aussi vite que possible ». Chariot et l’Onhym ont donc travaillé sur tous les aspects de ce projet et sur le plan de développement afin d’aboutir à la décision finale d’investissement (DFI). Un contrat pour des études détaillées d’avant-projet a été attribué.

Chariot veut, par ailleurs, explorer d’autres cibles intéressées (appelées “prospects”) sur le permis Lixus Offshore. Trois prospects ont ainsi été identifiés. Un autre objectif du consortium est d’étudier le potentiel du permis Rissana Offshore.

Même s’il convient de rester prudent à ce stade sur l’ampleur des réserves futures de gaz d’Anchois et du permis Lixus (comme indigo ci-dessus, on peut parler pour l’instant de ressources et pas encore de réserves), Le projet de développement repose sur des atouts clés, et non sur la proximité du gazoduc Maghreb-Europe (GME).

Ce gazoduc repose l’Algérie à la péninsule ibérique en passant par le Maroc mais la section algérienne a été fermée à partir du 1er novembre 2021, un peu plus de deux mois après la rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat. L’Espagne et le Maroc se sont entendus pour utiliser une partie du GME dans l’autre sens, c’est-à-dire de l’Espagne vers le Maroc.

Cette utilisation a été effective pour la première fois fin juin 2022, ce qui a permis au Maroc d’importer du gaz naturel à partir du gaz naturel liquéfié (GNL) arrivé en Espagne. Chariot estime aujourd’hui qu’Acois pourrait entrer en production en 2024 ou 2025.

*Senior Fellow au Policy Center for the New South, spécialisé dans le domaine de l’énergie

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