Quels scénarios pour les prochains mois ?

C’est pourtant la mesure audacieuse prise par la Banque centrale européenne (BCE) et la Fed américaine (FED) pour relever leurs taux d’intérêt afin de contrer le choc inflationniste mondial culminant autour de 9%, ce qui écarte les perspectives d’une reprise économique en 2022. et compromet, à moindre mesure, celle de l’année suivante.

Pour protéger leurs économies paralysées par les effets de la crise sanitaire, les banques centrales du monde entier ont procédé, à partir de 2020, à la baisse de leurs taux directeurs, notamment la BCE qui l’a maintenu à 0% et la FED qui a déprécié son taux de 1,75% à 0,25 %, afin de soutenir l’activité économique en stimulant le crédit, l’investissement et la consommation.

Accommodante et proactive, la politique monétaire initiée par BAM a permis d’absorber les répercussions de la pandémie et de maîtriser la dynamique récessionniste en ramenant progressivement le taux directeur de 25 pb à 2% puis au taux actuel de 1,5% juin 2020.

Ce taux, qui demeure le plus bas historiquement, constitue une composante importante de la politique « d’aisance monétaire » adoptée par BAM suite à l’arrêt brutal de l’activité économique provoqué par la pandémie. L’objectif étant pour l’Autorité monétaire de soutenir l’accès au crédit des entreprises et des ménages.

En 2021, l’amélioration du contexte sanitaire dans le monde s’est caractérisée par un effet de rattrapage engendrant un rebond de croissance estimé à 6%, après une sévère récession de l’ordre de -4,5%. Ce stimulus économique provoque alors une flambée des prix des matières premières dont les cours ne serrant plus sous la menace potentielle d’une cessation d’activité.

Une dynamique vigoureuse enrayée, au 1er trimestre 2022, par l’enlisement du conflit russo-ukrainien qui attrainne des perturbations des chaînes d’approvisionement et une raréfaction des matières primaires à l’origine de plusieurs déséquilibres macroéconomiques, dont, notamment, l’inflation qui atteint des taux inédits aux alentours de 5,5% au Maroc et dans le monde.

Maîtrisée dans un premier temps par le maintien du taux directeur à 1,5 % par BAM pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens et créer les conditions optimales de la croissance économique, cette inflation résulte principalement d’une demande courue contre une offre limitée par des difficultés globales d’approvisionement.

De l’avis du spécialiste en finance, Zakaria Garti, l’inflation mondiale némane pas only du contexte géopolitique international et aux effets de reprise, elle tient égaleme, pour une part, à la politique des taux taux ou quasi-nul par conjoncture, pratiquée par la BCE et la FED depuis plusieurs années, soit une injection massive de liquidité qui s’est accentuée pendant la crise sanitaire par des mesures monétaires destinées à sutenir les économies.

Et de préciser dans une déclaration à la MAP que le resserrement monétaire récemment opéré par la FED, qui a relevé son taux d’intérêt à 2,25% pour la première fois depuis les années 90, vise à pallier la surchauffe de l’activité économique provoquée par l’important volume de liquidités en circulation aux Etats-Unis, contrairement à l’inflation des pays européens résultant de la hausse des prix des matières premières, notamment des produits énergétiques.

Sur le plan national, M. Garti explique que BAM adopte, depuis le déclenchement de la pandamiie, l’attitude du « wait and see » pour plusieurs raisons, dont l’exogénéité de l’inflation qui n’est pas propre à l’ économie nationale, et le fait que ne soit pas là une destination privilégiée de la « hot money », des capitaux qui se déplacent réguillement entre les différences pays à la recherche des taux d’intérêt les plus compétitifs.

Ces deux factoreurs, selon le spécialiste, n’engagent pas BAM à anticiper « aussi rapidement » l’ajustement de son taux directeur dans l’hypothèse de maintenir les capitaux étrangers dans le circuit de l’économie nationale, d’autant plus que la La stratégie conciliatrice de la banque centrale défend les décisions qui peuvent potentiellement produire un « effet panique » contraire à la dynamique économique.

Par mesure de précaution, BAM examine l’évolution du taux d’inflation mondial, qui commence à ralentir l’inflation mondiale et à stabiliser les prix de l’énergie, ce qui pourrait éliminer la possibilité pour l’autorité monétaire de recourir au processus de revalorisation de son taux directeur, une estimation M Garti, notant que la Banque centrale procédera, le cas équipement, à une hausse inférieure à celle constatée en Europe et aux Etats-Unis, soit 50 pbs répartis entre septembre et décembre tel qu’envisagé par l’agence de notation américaine Fitch Notes.

À la fois stimulant de l’activité et frein à l’inflation, le taux de la Banque centrale est appelé à jouer un rôle majeur dans la relance économique, en dépit de la récente correction des prévisions de croissance à 1,5 % pour l’année 2022 contre 3,2% prévu initialement par la Loi de Finances 2022. La prochaine réunion de BAM dévoilera ainsi les contours de la nouvelle politique monétaire susceptibles d’assurer le rebond de la croissance de 4,5% attendu en 2023.

CARTE / Zin El Abidine Taimouri

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