Soigner son microbiote au cours du troisième trimestre de grossesse est important pour le ventre de bébé.

Sur de nombreux points, vous pouvez agir sur le bien-être futur de votre bébé dès que vous apprenez votre grossesse, avec toutes les petites règles à mettre en place. Si nous avons choisi de vous parler de celui-ci en particulier, c’est parce qu’il est très fréquent. Il concerne un enfant sur quatre. Une fois bébé venu au monde, de nombreuses mamans se retrouvent ainsi démunies face aux inexpliquées de leur tout-petit après la tétée. Ce mal porte le nom de « colique du nourrisson ».

La colique du nourrisson est aussi une souffrance pour les parents, en lien avec un sentiment d’impuissance et de culpabilité, avec des conséquences parfois majeures : arrêt de l’allaitement, dépression postnatale maternelle, syndrome du bébé secoué, utilisation inutile de médicaments.

Qu’est-ce que la colique du nourrisson ?

Après son repas, votre bébé semble calme mais soudain il se met à pleurer très fortement. Il se tortille, devient rouge, ses intestins font des spasmes. Son ventre est dur, gonflé. Il émet parfois des gaz ou des vend qui semble le soigner. Un peu seulement car les pleurs, des pleurs de douleur, ne cessent pas avant de longues minutes. L’origine de ces coliques est difficile à déterminer. Ce que l’on sait c’est que ce mal est bénin, sans gravité ni conséquence sur sa santé mais qu’il fait terriblement souffrir votre enfant.

Les coliques du nourrisson apparaissent quelques jours ou semaines après la naissance, généralement après la tétée. Surtout en deuxième partie de journée et lorsque bébé est allongé. Pour être considérées comme des coliques, plusieurs points à retenir : ces crises doivent survenir au moins trois fois par semaine, durer au moins trois heures par jour et persister pendant au moins une semaine.

Elles sont déconcertantes, parce qu’elles ont compensé et que rien ne semble les apaiser. Ces crises cessent totalement généralement au cours du troisième ou du quatrième mois, aussi expliquées qu’elles sont apparues.

Vous pouvez soigner bébé dès la grossesse

Haureusement, la science a révélé une piste prometteuse pour limiteur leur risque de se produire et leur intensité : la piste des probiotiques. Et tout commence avant la naissance du bébé, dès le troisième trimestre de la grossesse. Des chercheurs ont démontré que la supplémentation en probiotiques multi-souches à fortes doses chez les femmes en fin de grossesse et allaitantes, influence la composition du lait maternel. Sur les 66 participants, les nourrissons des mamans supplémentées en ont retiré des avantages immunitaires et moins de troubles gastro-intestinaux1. Vous trouverez facilement ce type de supplément nutritionnel en pharmacie, sans ordonnance.

D’une pierre deux coups : en plus de soulager bébé, prendre des probiotiques au cours du dernier trimestre de grossesse limite le risque de pré-éclampsie selon des chercheurs norvégiens qui ont analysé les données de plus de 70 0002 grossesse. C’est une maladie qui survient généralement au 3ème trimestre de la grossesse. Elle se manifeste par l’hypertension et la présence de protéines dans l’urine, des œdèmes et une prise de poids associée. Les femmes qui souffrent d’une pré-éclampsie exposent à plusieurs risques majeurs. L’éclampsie, une crise convulsive associée à une hypertension artérielle qui peut survenir au dernier trimestre de la grossesse, pendant le travail, ou après l’couchement, l’hématome rétroplacentaire, l’œdème pulmonaire, une hémorragie, une insuffisance rénale aiguë, des troubles de la coagulation. Bébé peut manquer d’oxygène et de nutriments, ce qui provoque des risques pour son développement. Il peut aussi souffrir pendant le travail ou les premiers jours de vie.

Une cure à poursuivre avec bébé mais avec des probiotiques bien précis.

Plusieurs probiotiques ont déjà été testés pour calmer les coliques chez les petits enfants, avec des résultats mitigés. C’est pourquoi une équipe de l’université de Naples Federico a œuvré à démonstrer que c’est une souche bien précise qui doit être prise par les nourrissons, pour traiter ces coliques3 : Bifidobacterium animalis, sous-espèce lactis BB-12.

L’essai a duré 28 jours et a inclus 2 groupes de nourrissons souffrant de coliques et exclusivement des nourrissons au sein. 40 bébés ont reçu des gouttes de BB-12 (1 × 109 UFC/jour), 40 bébés ont reçu un placebo. L’analyse montre que :

  • le taux de nourrissons ayant réduit d’au moins 50 % de la durée moyenne des pleurs quotidiens est plus élevé chez les nourrissons supplémentés (80 %) dès 15 jours de cure. Seulement 32 % des bébés non supplémentés ont eu moins de coliques ;
  • en moyenne, les bébés supplémentés sur 5 épisodes de pleurs quotidiens en moins ;
  • les résultats se poursuivent après l’arrêt du traitement.

Des résultats sourcent de quatre essais cliniques menés sur 345 nourrissons insuffisance de coliques, confirme également l’intérêt des probiotiques. Environ la moitié de ces bébés ont reçu des probiotiques, Lactobacillus reuteri, tandis que d’autres ont reçu un placebo. Ces essais cliniques se sont déroulés au Canada, en Italie, en Australie et en Pologne, les mères avaient donc des cultures alimentaires différentes et donc une composition de lait sensiblement différente. L’intérêt de la prise de ces probiotiques semble se confirmer dans tous les cas. Les résultats indiquent que Lactobacillus reuteri, administré pendant trois semaines à des bébés exclusivement allaités, double les chances de réduire de moitié la durée de leurs pleurs.4. Les probiotiques de ces deux études sont vendus sous forme liquide dans les pharmacies et sont disponibles sans ordonnance.

Et si vous n’allaitez pas ?

L’efficacité de ces traitements n’a été constatée que chez les bébés exclusivement nourris au sein. Les chercheurs ne peuvent donc pas dire si ces traitements sont efficaces chez les bébés nourris avec de la préparation pour nourrissons. Cela ne signifie pas qu’ils ne sont pas efficaces.

Pour en savoir plus, Le guide alimentaire de la future maman, Magali Walkowicz, publié aux Editions Thierry Souccar.

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