Un rapport de l’ONU appelle les pays africains à engager un dialogue transparent sur la réforme des agences de notation

(Agence Ecofin) – Alors que plusieurs pays africains se sont tournés vers les euro-obligations ces dernières années pour faire face à leurs énormes besoins de financement, la question de la soutenabilité de la dette se fait de plus en plus pressante. Si les voix s’élèvent de plus en plus pour fustiger la perception du risque sur le continent par les agences de notation, les États africains ont un soutien de taille, les Nations Unies.

La relation entre les euro-obligations et la viabilité de la dette en Afrique ainsi que l’influence des agences de notation sont les principaux sujets développés dans un rapport publié par l’ONU en février 2022 et intitulé Eurobonds, viabilité de la dette en Afrique et agences de notation de crédit.

Selon les auteurs, malgré l’accélération de la croissance observée au cours de la décennie, si le niveau de la dette africaine reste encore faible par rapport à celui des autres régions du monde, l’évolution de la structure de la dette vers une part revenant aux financements privés, s’accroissant les inquiétudes, notamment les risques de changement et budgétaire.

Alors que depuis les premiers eurobonds émis par l’Afrique du Sud en 1995, les pays africains ont de plus en plus accès aux marchés des capitaux, « les Etats qui se sont rués vers les opérations à 10 ans de maturités sont plus que jamais concon à un mur de refinancement à échéance entre 2024 et 2025 », alertent les experts onusiens. La plupart des pays confrontés à ce risque de refinancement sont des économies importatrices de pétrole, qui s’exposent au risque de fluctuation des prix du brut. Ce risque est exacerbé par les conditions d’accès aux marchés financiers peu propices, en raison de notations financières peu favorables aux pays du continent.

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“La perception d’agences de notation de plus en plus biaisées à l’égard des pays Africains, alimentée par le manque de transparence et le manque de robustesse de leurs méthodologies de notation”soulignent les auteurs qui appellent les Etats africains à engager “un dialogue mondial sur la réforme des agences de notation”.

“Alors que l’accès aux marchés internationaux des capitaux est considéré comme un acquis pour les pays développés, les déclassements des agences de notation influencent les tendances des marchés et les décisions des investisseurs, contribuant à l’augmentation des coûts d’emprunt pour les pays africains et bloquant finalement l’accès aux ressources financières essentielles. Il est donc nécessaire que les pays africains s’engagent dans un dialogue global sur la réforme des agences de notation afin d’atteindre les objectifs de développement durable. insiste sur le rapport.

Selon la Brookings Institution, le déficit de financement des objectifs de développement durable en Afrique subsaharienne est estimé à 256 milliards de dollars par an.

Depuis le début de la pandamiie, 20 32 pays africains notés par les agences de notation ont vu leur note de crédit dégradée ou se sont vu attribuer des perspectives négatives par au moins l’une des trois principales agences de notation. La majorité de ces pays (93 %) ont désormais le statut de « junk » ou obligation pourrie, dont la plupart sont classés comme présentant un risque de crédit élevé ou élevé. Par rapport aux autres régions, ces déclassements semblent disproportionnellement deux fois plus élevés que la moyenne mondiale.

Si cet état a choisi de rétrécir l’accès aux marchés des euro-obligations, les effets peuvent être encore plus dévastateurs pour les pays en quête d’investissements directs étrangers, apprend-on.

“L’un des effets dans la cascade des dégradations dans le contexte de la pandémie a été la diminution de 18% du flux des investissements directs étrangers vers l’Afrique, qui est passé de 46 milliards de dollars en 2019 à 38 milliards de dollars en 2020”justifier le document de 20 pages.

Face à ces difficultés, les experts onusiens recommandent une batterie de recommandations pour inverser la tendance, des mesures allant de l’amélioration de la gouvernance et du renforcement des mécanismes de gestion de la dette, à l’ouverture d’un front de dialogue basé sur la transparence , avec des acteurs internationaux des marchés, des gestionnaires de capitaux et des agences de notation financière.

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